Vous êtes auto-entrepreneur, artisan, freelance ou dirigeant de TPE et vous avez parfois cette boule au ventre en fin de mois quand le solde bancaire flirte avec le rouge. Vous n'êtes pas seul. La majorité des petites structures en France pilotent leur trésorerie à vue, sans projection claire des semaines et mois à venir. Le prévisionnel de trésorerie est justement l'outil qui permet de sortir de cette navigation aveugle. En anticipant chaque entrée et chaque sortie d'argent, mois par mois, il révèle les périodes de tension avant qu'elles ne deviennent critiques. En 2026, avec l'arrivée de la facturation électronique obligatoire et le durcissement des contrôles URSSAF, savoir construire et maintenir un plan de trésorerie prévisionnel n'est plus une option. Ce guide vous donne la méthode complète, les erreurs à éviter, et des exemples concrets adaptés à chaque profil d'indépendant.
Un prévisionnel de trésorerie est un tableau qui recense mois par mois toutes les entrées d'argent (encaissements clients, subventions, remboursements) et toutes les sorties (charges fixes, cotisations, achats, impôts). La différence entre les deux donne le solde de trésorerie prévu. Pour le construire, il suffit de partir du solde bancaire actuel, de lister tous les flux attendus sur douze mois en les plaçant à la date réelle où ils se produiront, puis de mettre ce tableau à jour chaque mois en comparant le prévu au réel. C'est le seul outil fiable pour anticiper un creux de trésorerie et agir avant qu'il ne soit trop tard.
Le prévisionnel de trésorerie, aussi appelé plan de trésorerie prévisionnel ou budget de trésorerie, est un document financier qui projette les flux de liquidités d'une entreprise ou d'un indépendant sur une période donnée, généralement douze mois. Contrairement au compte de résultat qui raisonne en produits et charges comptables, le prévisionnel de trésorerie s'intéresse exclusivement à l'argent qui entre et sort réellement du compte bancaire.
En d'autres termes, il répond à une question simple mais fondamentale : est-ce que j'aurai assez d'argent sur mon compte le mois prochain pour payer mes fournisseurs, mes cotisations et mes charges courantes. Cette approche par les flux réels le distingue de tous les autres tableaux financiers du business plan, car une entreprise peut être bénéficiaire sur le papier tout en se retrouvant en cessation de paiement faute de liquidités disponibles au bon moment.
Le plan de trésorerie enregistre les montants TTC, puisque c'est bien la somme totale qui transite par le compte. Il intègre aussi la TVA collectée et la TVA déductible en tant que flux distincts, ce qui est particulièrement important pour les entreprises assujetties qui doivent reverser la différence à l'administration fiscale.
La confusion entre ces deux documents est fréquente chez les créateurs d'entreprise et les indépendants qui démarrent. Le budget prévisionnel, parfois appelé compte de résultat prévisionnel, projette les recettes et les dépenses d'une activité sur un exercice. Il permet de savoir si l'entreprise sera rentable, c'est-à-dire si les produits couvrent les charges. Le raisonnement se fait en hors taxes et à la date d'engagement comptable.
Le prévisionnel de trésorerie, lui, se concentre sur les flux de liquidités réels. Il intègre les délais de paiement, la TVA, les décalages entre la facturation et l'encaissement, les appels de cotisations URSSAF, les remboursements de prêt et toutes les sorties d'argent au moment précis où elles se produisent. Un budget prévisionnel peut afficher un résultat positif sur l'année, alors que le prévisionnel de trésorerie révèle un trou de plusieurs milliers d'euros en mars à cause d'un décalage entre une grosse dépense d'équipement et l'encaissement d'une facture client en retard.
Pour un indépendant ou un dirigeant de TPE, la distinction est cruciale. La rentabilité ne protège pas de la faillite si la trésorerie ne suit pas. C'est d'ailleurs la première cause de défaillance chez les jeunes entreprises. Ces deux outils sont complémentaires : le budget fixe le cap stratégique, le prévisionnel de trésorerie assure que le navire ne coule pas en route.
L'année 2026 concentre plusieurs changements réglementaires qui rendent le pilotage de trésorerie encore plus critique pour les petites structures.
Le premier bouleversement concerne la facturation électronique. À partir du premier septembre 2026, toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA devront être capables de recevoir des factures au format électronique via une plateforme agréée par l'État. Les grandes entreprises et ETI devront en plus émettre leurs factures dans ce format à cette date, tandis que les TPE, PME et micro-entreprises auront jusqu'en septembre 2027 pour se conformer à l'obligation d'émission. Ce passage à la facturation électronique va modifier les délais de traitement des factures et peut accélérer certains encaissements, mais il implique aussi des coûts d'adaptation qu'il faut anticiper dans le prévisionnel de trésorerie.
Le deuxième facteur concerne le durcissement des contrôles URSSAF. Les facilités de paiement héritées de la période Covid se sont considérablement resserrées, et les plans d'apurement arrivent à échéance pour de nombreuses TPE. Les cotisations provisionnelles sont recalculées chaque année sur la base des revenus réels, ce qui peut générer des rattrapages importants en milieu d'année. Un prévisionnel de trésorerie bien construit intègre ces échéances mois par mois et permet d'anticiper l'impact d'un rattrapage.
Enfin, la conjoncture économique de 2026 impose une vigilance accrue sur les délais de paiement. Les retards de règlement restent un fléau structurel en France, et les petites structures sont les premières à en souffrir. Disposer d'un prévisionnel actualisé permet de repérer les tensions avant qu'elles ne dégénèrent et de prendre des mesures correctives à temps.
La construction d'un prévisionnel de trésorerie suit une logique simple mais méthodique. Voici les étapes à suivre dans l'ordre.
Le point de départ est le solde réel de votre compte bancaire professionnel à la date de début du prévisionnel. Si vous avez plusieurs comptes, additionnez les soldes. Ce chiffre constitue la première ligne de votre tableau et doit correspondre exactement à ce que vous voyez sur votre relevé bancaire. Ne prenez surtout pas un chiffre arrondi ou approximatif, la précision initiale conditionne la fiabilité de tout le reste.
Listez de manière exhaustive toutes les sources d'encaissements sur les douze prochains mois. Il s'agit du chiffre d'affaires attendu, bien sûr, mais aussi des subventions, aides, remboursements de TVA, remboursements d'assurance, produits financiers, ou toute autre rentrée d'argent. Pour le chiffre d'affaires, basez-vous sur votre historique de ventes, votre carnet de commandes en cours et vos prévisions commerciales. Le piège est de raisonner en montant facturé : dans le prévisionnel de trésorerie, vous devez positionner chaque encaissement à la date probable de réception du paiement, pas à la date d'émission de la facture. Si votre client paie à trente jours, une facture émise en janvier ne sera encaissée qu'en février.
Ce poste est souvent sous-estimé. Les charges fixes sont relativement faciles à lister : loyer, assurances, abonnements, mensualités de prêt, salaires et charges sociales si vous avez des employés. Les charges variables demandent plus d'attention : achats de matières premières ou de fournitures, sous-traitance, frais de déplacement, publicité. N'oubliez surtout pas les échéances fiscales et sociales : cotisations URSSAF mensuelles ou trimestrielles, acomptes d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés, TVA à reverser, CFE en fin d'année. Ajoutez aussi les investissements prévus, le remplacement de matériel, et une ligne pour les imprévus.
C'est l'étape la plus importante et la plus souvent bâclée. Chaque encaissement et chaque décaissement doit être positionné dans la colonne du mois où il se produira réellement. Pour les cotisations URSSAF, reportez-vous à votre échéancier disponible sur votre espace personnel. Pour la TVA, calculez le montant à reverser en fonction de votre régime (mensuel, trimestriel ou mini-réel). Pour les charges trimestrielles ou annuelles comme la CFE ou l'assurance professionnelle, répartissez-les au bon mois au lieu de les lisser artificiellement.
Pour chaque mois, faites la différence entre le total des encaissements et le total des décaissements. Vous obtenez le solde mensuel, qui peut être positif ou négatif. Ajoutez ce solde au solde de fin du mois précédent pour obtenir le solde cumulé, qui représente la trésorerie théorique disponible à la fin de chaque mois. C'est ce solde cumulé qui est le véritable indicateur de la santé financière de votre activité. Un solde cumulé qui passe en négatif signifie que vous n'aurez pas assez de liquidités pour honorer vos engagements.
Un prévisionnel de trésorerie n'a de valeur que s'il est vivant. Chaque début de mois, remplacez les prévisions du mois écoulé par les chiffres réels issus de vos relevés bancaires. Analysez les écarts entre le prévu et le réel, comprenez pourquoi certains encaissements ont tardé ou pourquoi certaines dépenses ont été plus élevées que prévu, et ajustez vos projections pour les mois suivants en conséquence.
Le prévisionnel de trésorerie d'un auto-entrepreneur est le plus simple à construire, mais il comporte des pièges spécifiques. Les encaissements correspondent au chiffre d'affaires encaissé, donc aux paiements reçus des clients. Les sorties principales sont les cotisations sociales URSSAF, payées mensuellement ou trimestriellement sur la base du chiffre d'affaires déclaré, et le versement libératoire de l'impôt sur le revenu si vous avez opté pour cette formule.
Prenons l'exemple de Sophie, graphiste auto-entrepreneur qui facture en moyenne 3 500 euros par mois. Ses cotisations URSSAF représentent environ 21,1 pour cent de son chiffre d'affaires en prestations de service BNC, soit 738 euros. Si elle paie trimestriellement, elle devra décaisser environ 2 215 euros d'un coup tous les trois mois. Sans prévisionnel, ce montant trimestriel peut créer un vrai trou si Sophie n'a pas mis de côté régulièrement. En positionnant cette sortie au bon mois dans son prévisionnel, elle sait exactement quand provisionner et combien garder disponible.
Attention particulière en 2026 : la régularisation des cotisations basée sur les revenus réels de 2025 intervient en cours d'année et peut générer un rattrapage significatif si l'activité a progressé. Ce rattrapage doit absolument figurer dans le prévisionnel.
Le freelance qui exerce en société (EURL, SASU) ou en entreprise individuelle au régime réel a un prévisionnel plus élaboré. Les encaissements dépendent souvent de quelques gros clients avec des délais de paiement de trente à soixante jours. Le risque de décalage entre la facturation et l'encaissement est donc majeur. Un freelance qui émet une facture de 8 000 euros HT en janvier ne recevra peut-être les 9 600 euros TTC qu'en mars.
Le prévisionnel doit intégrer les charges sociales du dirigeant (mensuelles ou trimestrielles), la provision pour impôt sur les sociétés le cas échéant, les frais professionnels récurrents comme les abonnements logiciels, le coworking ou les outils de travail, et surtout la TVA à reverser. Un freelance assujetti à la TVA collecte 20 pour cent sur ses factures mais doit reverser la différence entre TVA collectée et TVA déductible à l'administration. Ce flux de TVA doit être clairement isolé dans le prévisionnel pour ne pas confondre l'argent qui vous appartient avec celui qui appartient au fisc.
L'artisan BTP fait face à des particularités qui rendent le prévisionnel de trésorerie encore plus critique. Les chantiers impliquent des avances de matériaux importantes avant tout encaissement. Les clients peuvent payer en plusieurs tranches liées à l'avancement des travaux. Et la saisonnalité est forte, avec des périodes creuses en hiver et une activité soutenue au printemps et en été.
Le prévisionnel d'un artisan doit intégrer chantier par chantier les achats de matériaux, la sous-traitance éventuelle, les acomptes clients attendus et le solde de facturation. En parallèle, les charges fixes continuent de courir : loyer de l'atelier, assurance décennale, cotisations sociales, leasing du véhicule utilitaire. Le décalage entre les sorties en début de chantier et les encaissements en fin de chantier est la cause numéro un des difficultés de trésorerie dans le BTP. Un prévisionnel sur douze mois avec une granularité mensuelle permet de repérer les mois critiques et de négocier des acomptes plus importants ou d'échelonner les achats de fournitures.
Pour une TPE employant deux à cinq salariés, le prévisionnel de trésorerie gagne encore en complexité. Les salaires et charges patronales représentent des sorties fixes et importantes chaque mois. Il faut y ajouter les cotisations sociales du dirigeant, les échéances fiscales, les fournisseurs, les investissements et les charges d'exploitation. Le moindre retard de paiement d'un gros client peut mettre la structure en tension.
La construction du prévisionnel suit la même logique mais demande une rigueur accrue dans le recensement des flux. Il est recommandé de créer des lignes distinctes pour chaque poste de charges et de ne pas regrouper sous une étiquette vague des dépenses hétérogènes. Plus le prévisionnel est détaillé, plus il est fiable. Pour une TPE, la fréquence de mise à jour devrait être hebdomadaire plutôt que mensuelle, en particulier dans les périodes de tension identifiées.
C'est l'erreur la plus répandue. Le prévisionnel de trésorerie doit impérativement fonctionner en TTC puisque c'est le montant réel qui transite sur le compte bancaire. La TVA collectée gonfle temporairement la trésorerie, mais elle devra être reversée. Si vous raisonnez en HT, vous sous-estimez vos encaissements apparents et vous oubliez la sortie de TVA. Le résultat est un prévisionnel décalé de la réalité.
Inscrire une facture en encaissement le mois où vous l'émettez est une erreur classique. En France, le délai moyen de paiement entre entreprises tourne autour de quarante-cinq jours. Pour les artisans et les petits prestataires, il n'est pas rare d'attendre soixante jours voire plus. Votre prévisionnel doit refléter cette réalité, pas le monde idéal dans lequel tout le monde paie à réception.
La CFE payée en fin d'année, l'assurance professionnelle annuelle, les cotisations URSSAF trimestrielles, la régularisation d'impôt en été, les congés payés des salariés : autant de dépenses qui ne tombent pas tous les mois mais qui peuvent représenter des montants significatifs. Ne pas les positionner au bon mois dans le prévisionnel crée des surprises désagréables.
L'optimisme est la qualité de l'entrepreneur, mais c'est l'ennemi du prévisionnel de trésorerie. Mieux vaut construire un scénario prudent, basé sur l'historique réel et le carnet de commandes signé, plutôt que sur des espoirs de vente. Si votre prévisionnel repose sur un chiffre d'affaires hypothétique qui ne se réalise pas, tous les soldes mensuels seront faussés et l'outil perd toute utilité.
Un prévisionnel figé au premier janvier ne sert à rien en avril. La mise à jour mensuelle, en confrontant le prévu au réel, est ce qui fait la différence entre un exercice administratif inutile et un vrai outil de pilotage. Chaque écart analysé améliore la qualité de vos prévisions futures.
Aucun prévisionnel ne peut être exact à l'euro près. Des imprévus surviendront toujours : une panne de matériel, un retard de paiement inattendu, une hausse de prix fournisseur. Intégrer une ligne de dépenses imprévues représentant cinq à dix pour cent de vos sorties mensuelles donne une image plus réaliste de votre situation future.
Le choix de l'outil dépend de la taille de votre activité et de votre aisance avec les chiffres. Excel ou Google Sheets reste la solution la plus accessible pour un indépendant ou une micro-entreprise. Un tableur bien construit avec une colonne par mois, des lignes pour chaque type d'encaissement et de décaissement, et des formules de calcul automatiques pour les soldes mensuels et cumulés fait parfaitement le travail. L'avantage est la flexibilité totale et le coût nul. L'inconvénient est qu'il faut le mettre à jour manuellement et qu'une erreur de formule peut fausser tout le prévisionnel.
Pour ceux qui veulent un modèle prêt à l'emploi, Mon Devis Facile propose un modèle gratuit de plan de trésorerie au format Excel, spécialement conçu pour les indépendants et TPE en France. Il intègre les lignes de TVA, les cotisations sociales et la conversion automatique des données HT en flux TTC.
Les logiciels de gestion de trésorerie dédiés représentent un cran au-dessus. Des solutions comme Fygr, Pennylane ou Zenfirst proposent la synchronisation bancaire automatique, la catégorisation intelligente des flux et des tableaux de bord visuels. Ces outils sont particulièrement utiles pour les TPE avec quelques salariés qui gèrent des volumes de flux plus importants. Le coût mensuel varie de la gratuité pour les versions de base à quelques dizaines d'euros pour les fonctionnalités avancées.
Faire appel à un expert-comptable est recommandé lorsque l'activité se complexifie, que vous avez des salariés ou que vous envisagez un investissement important. L'expert-comptable ne se contente pas de produire le prévisionnel : il challenge vos hypothèses, identifie les risques que vous n'auriez pas vus et propose des solutions d'optimisation. Le prévisionnel de trésorerie devient alors un vrai outil de dialogue avec votre conseil, votre banquier ou vos investisseurs.
Prenons le cas de Marc, plombier installé en entreprise individuelle au régime réel. Son chiffre d'affaires moyen est de 6 000 euros HT par mois, soit 7 200 euros TTC. Ses clients particuliers le paient en général sous quinze jours, mais ses quelques clients professionnels paient à trente jours.
En janvier, Marc part d'un solde bancaire de 4 200 euros. Il prévoit 5 400 euros d'encaissements (facturation de décembre payée en retard plus quelques chantiers de janvier déjà encaissés). Côté sorties : 1 200 euros de fournitures, 450 euros de loyer d'atelier, 180 euros d'assurance, 320 euros de carburant et entretien véhicule, 650 euros de cotisations URSSAF mensuelles et 150 euros d'abonnements divers. Total des sorties : 2 950 euros. Solde mensuel : plus 2 450 euros. Solde cumulé fin janvier : 6 650 euros.
En février, l'activité est plus faible. Marc prévoit 4 800 euros d'encaissements mais les mêmes charges fixes. Solde mensuel : plus 1 850 euros. Solde cumulé : 8 500 euros.
En mars, un gros chantier de rénovation démarre. Marc doit avancer 3 800 euros de matériaux en plus de ses charges habituelles. L'acompte de 40 pour cent du client, soit 4 800 euros, n'arrivera qu'en avril. Ses encaissements de mars restent à 5 200 euros (chantiers courants). Total des sorties : 6 750 euros. Solde mensuel : moins 1 550 euros. Solde cumulé : 6 950 euros. Le solde reste positif grâce à la réserve accumulée en début d'année.
Sans prévisionnel, Marc aurait pu s'inquiéter en voyant son compte fondre en mars. Avec le prévisionnel, il sait que cette baisse est temporaire et que l'acompte d'avril rétablira la situation. Il peut même décider de décaler l'achat d'une partie des fournitures pour lisser la sortie de trésorerie.
Ce raisonnement mois par mois, appliqué sur douze mois, est la base d'un prévisionnel de trésorerie efficace. En y ajoutant les échéances annuelles (CFE en décembre, régularisation URSSAF en été, acompte d'impôt), Marc dispose d'une vision complète de ses flux financiers et peut dormir tranquille.
La mise à jour mensuelle est le minimum recommandé pour un indépendant. À chaque début de mois, remplacez les données prévisionnelles du mois écoulé par les chiffres réels et analysez les écarts. Pour une TPE avec salariés ou en période de tension, un suivi hebdomadaire est préférable. Plus la mise à jour est fréquente, plus le prévisionnel gagne en fiabilité et en utilité opérationnelle.
Absolument. C'est même le moment où cet outil est le plus précieux. En phase de démarrage, le chiffre d'affaires est incertain mais les dépenses sont bien réelles. Le prévisionnel permet d'estimer le montant de trésorerie nécessaire pour tenir les premiers mois sans revenu significatif. Même avec des estimations approximatives, avoir une projection vaut toujours mieux que piloter sans aucune visibilité.
La durée standard est de douze mois glissants. Certains experts recommandent un horizon de treize semaines pour un suivi plus fin à court terme, complété par une projection annuelle pour la vision stratégique. Pour la plupart des indépendants et des TPE, un prévisionnel mensuel sur douze mois offre le bon équilibre entre précision et simplicité de gestion.
Il n'est pas imposé par la loi pour les entreprises en activité. En revanche, il fait partie intégrante du business plan et les banques l'exigent systématiquement pour toute demande de financement. Pour les entreprises en difficulté, le tribunal de commerce peut aussi le demander dans le cadre d'une procédure de sauvegarde ou de redressement. Même sans obligation légale, c'est un outil indispensable à la survie de toute activité.
Le prévisionnel de trésorerie se construit toujours en TTC. C'est le montant réel qui transite sur le compte bancaire. La TVA collectée sur vos ventes et la TVA déductible sur vos achats doivent apparaître comme des flux distincts, et le reversement de la TVA nette à l'État doit être positionné au mois de l'échéance. Si vous êtes en franchise de TVA (micro-entrepreneur sous les seuils), le problème ne se pose pas puisque vos montants HT et TTC sont identiques.
Plusieurs options s'offrent à vous. Vous pouvez accélérer les encaissements en demandant des acomptes à vos clients, en raccourcissant vos délais de paiement ou en relançant plus tôt les factures impayées. Vous pouvez aussi retarder certaines sorties en négociant des délais plus longs avec vos fournisseurs ou en reportant un investissement non urgent. Si le déficit est structurel, il faut envisager un financement externe : facilité de caisse, découvert autorisé, prêt de trésorerie ou affacturage.
La TVA collectée sur vos factures de vente augmente vos encaissements réels. La TVA payée sur vos achats augmente vos décaissements réels. La différence, que vous devez reverser à l'État, doit être positionnée en sortie au mois de la déclaration (mensuelle ou trimestrielle selon votre régime). Créez des lignes spécifiques pour la TVA collectée, la TVA déductible et le reversement net. C'est la seule façon d'avoir une vision fidèle de la trésorerie disponible.
Même avec une comptabilité simplifiée, un auto-entrepreneur a tout intérêt à tenir un prévisionnel de trésorerie. Les cotisations URSSAF trimestrielles peuvent représenter des sommes conséquentes si elles ne sont pas provisionnées. L'absence de TVA simplifie le tableau, mais les échéances fiscales et la saisonnalité de l'activité restent des facteurs à anticiper. Un simple tableur avec les revenus attendus et les charges connues suffit à éviter les mauvaises surprises.
La facturation électronique obligatoire à partir de septembre 2026 devrait à terme réduire les délais de traitement des factures et améliorer la traçabilité des paiements. Pour les TPE, l'impact immédiat sera surtout le coût d'adaptation : choix d'une plateforme agréée, éventuel changement de logiciel de facturation, formation. Ces dépenses doivent être intégrées au prévisionnel. À moyen terme, la meilleure visibilité sur les factures en cours devrait faciliter le suivi de trésorerie. Pour anticiper cette transition, le site economie.gouv.fr détaille les obligations et le calendrier.
Non. Le plan de financement recense les besoins durables (investissements, BFR initial) et les ressources stables (apports, emprunts, subventions) pour vérifier l'équilibre financier global du projet. Le prévisionnel de trésorerie est un outil de gestion courante qui projette les flux de liquidités mois par mois. Les deux sont complémentaires dans un business plan mais répondent à des questions différentes : le plan de financement demande « ai-je assez de ressources pour lancer mon projet » tandis que le prévisionnel de trésorerie demande « ai-je assez de cash pour passer le mois prochain ».
La saisonnalité est un des facteurs les plus trompeurs pour les indépendants. Si votre activité connaît des pics et des creux, votre prévisionnel doit le refléter fidèlement. Analysez vos chiffres d'affaires mois par mois sur les deux dernières années pour identifier les tendances. Prévoyez des réserves de trésorerie pendant les mois forts pour couvrir les mois creux. Et anticipez les charges qui ne s'arrêtent jamais, même quand l'activité ralentit : loyer, assurance, cotisations minimales.
C'est une bonne pratique, surtout en phase de création ou de croissance. Un scénario optimiste, un scénario réaliste et un scénario pessimiste permettent de tester la résistance de votre modèle économique. Le scénario pessimiste est le plus utile : il révèle le montant de trésorerie minimum dont vous avez besoin pour survivre si les choses tournent mal. C'est ce scénario que votre banquier regardera en priorité.
Votre échéancier personnalisé est disponible sur votre espace en ligne urssaf.fr. Pour les auto-entrepreneurs, les dates de déclaration et de paiement sont fixées mensuellement ou trimestriellement selon l'option choisie. Pour les travailleurs indépendants au régime réel, les cotisations provisionnelles sont prélevées chaque mois avec une régularisation en cours d'année basée sur les revenus réels de l'exercice précédent.
Le prévisionnel de trésorerie est le seul outil qui vous dit avec précision si vous aurez assez d'argent sur votre compte pour payer vos charges dans les semaines et mois à venir. Il se construit en recensant tous les encaissements et décaissements prévus, mois par mois, en TTC, en tenant compte des délais de paiement réels. Sa mise à jour régulière, en confrontant le prévu au réel, est ce qui en fait un outil de pilotage fiable et pas un simple exercice de style. En 2026, avec la facturation électronique, les échéances URSSAF et l'incertitude économique, disposer d'un prévisionnel à jour n'est plus un luxe réservé aux grosses entreprises. Un simple tableur bien construit suffit pour commencer.
Pour construire votre premier prévisionnel de trésorerie sans partir de zéro, vous pouvez télécharger le modèle Excel gratuit proposé par Mon Devis Facile. Il est conçu pour les indépendants et les TPE, avec les lignes de TVA et de cotisations déjà intégrées. Il ne vous reste plus qu'à le remplir avec vos propres chiffres et à le mettre à jour chaque mois pour garder le contrôle sur votre trésorerie
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