Obtenir le chômage après une démission reste en principe impossible, mais la réglementation française prévoit des exceptions importantes. Entre démission légitime, projet de reconversion professionnelle ou réexamen après un délai de 4 mois (121 jours), plusieurs dispositifs permettent, sous conditions, d’ouvrir tout de même des droits à l’allocation chômage.
Dans cette introduction, nous allons clarifier dans quels cas une démission peut être indemnisée, comment fonctionne le réexamen après 4 mois sans revenu de remplacement, quels justificatifs préparer et quelles démarches effectuer auprès de France Travail pour, concrètement, obtenir le chômage après une démission.
Quitter son emploi en démissionnant ne signifie pas forcément renoncer au chômage. En France, certaines démissions sont reconnues comme « légitimes » et ouvrent droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). D’autres situations, comme la démission pour reconversion ou création d’entreprise, bénéficient d’un dispositif spécifique, à condition de respecter un parcours très encadré.
L’enjeu est donc de savoir dans quels cas votre démission sera considérée comme indemnisable par France Travail, et comment sécuriser ce droit avant de poser votre lettre de départ.
Une démission est dite « légitime » lorsque le motif est prévu par la réglementation de l’assurance chômage. Dans ce cas, France Travail considère que la perte d’emploi, même volontaire, est suffisamment contrainte ou protégée pour ouvrir droit à l’ARE, sans attendre le délai de 4 mois.
Concrètement, pour qu’une démission soit reconnue comme légitime, il faut :
Si le motif n’entre pas dans ces cas, la démission reste possible, mais elle ne sera pas automatiquement indemnisée. Il faudra alors passer par d’autres mécanismes (réexamen après 4 mois, nouveau travail, ou dispositif « démission pour reconversion »).
Les démissions légitimes se regroupent en plusieurs grandes familles de situations, régulièrement rappelées par les textes officiels.
Chaque catégorie a ses propres critères précis. C’est la combinaison « motif + preuves » qui permet à France Travail de qualifier la démission de légitime et d’ouvrir le droit au chômage sans délai supplémentaire.
La démission pour reconversion professionnelle ou création d’entreprise obéit à un dispositif à part, très attractif mais aussi très strict. Depuis 2019, un salarié en CDI de droit privé peut démissionner pour changer de métier ou lancer son activité tout en percevant l’ARE, à trois conditions majeures :
Une fois le projet validé et la démission actée, il faut encore s’inscrire à France Travail et demander l’allocation dans les 6 mois suivant l’attestation de Transition Pro. Passé ce délai, le droit spécifique lié à la démission pour reconversion peut être perdu, même si le projet reste le même.
En résumé, la démission pour reconversion ou création d’entreprise peut ouvrir droit au chômage, mais uniquement si l’on respecte scrupuleusement ce parcours en amont. C’est un formidable levier pour changer de vie… à condition de ne surtout pas démissionner d’abord et se renseigner ensuite.
Après une démission non considérée comme « légitime », l’assurance chômage ne ferme pas totalement la porte. Il existe ce fameux délai de 4 mois, soit 121 jours, au terme duquel votre situation peut être réexaminée par France Travail. Pendant cette période, vous n’êtes en principe pas indemnisé, mais vous pouvez préparer activement votre dossier pour maximiser vos chances d’obtenir l’ARE ensuite.
L’idée est simple : l’assurance chômage veut vérifier que, malgré votre démission, vous restez réellement engagé dans une recherche d’emploi ou un projet professionnel sérieux. Le délai de 121 jours sert donc de période d’observation, pas de « punition automatique ».
Le délai de 4 mois commence à courir à partir du lendemain de la fin de votre contrat de travail, c’est‑à‑dire la date de fin inscrite sur votre certificat de travail et votre attestation destinée à France Travail.
Peu importe que vous vous inscriviez plus tard, le point de départ reste la fin effective du contrat (fin de préavis, qu’il soit effectué ou non). On compte ensuite 121 jours calendaires d’affilée, week‑ends et jours fériés compris.
En pratique, si votre contrat se termine le 1er mars, le délai commence le 2 mars et se termine au 121e jour. C’est à partir de là que vous pouvez demander le réexamen de votre droit au chômage, si vous remplissez les autres conditions.
Il est fortement recommandé d’être inscrit comme demandeur d’emploi dès la fin du contrat, même si vous savez que vous ne serez pas indemnisé tout de suite.
Pourquoi c’est une bonne idée de s’inscrire tôt :
Ce n’est pas l’inscription qui déclenche le délai de 121 jours, mais elle facilite énormément la preuve de votre recherche active d’emploi au moment du réexamen. S’inscrire seulement à la fin des 4 mois est possible, mais beaucoup plus risqué pour votre dossier.
Oui, vous pouvez tout à fait travailler pendant ces 4 mois sans perdre la possibilité de demander un réexamen. Au contraire, des missions courtes, CDD, intérim ou petits contrats peuvent montrer que vous restez actif sur le marché du travail.
Quelques points de vigilance :
Travailler un peu pendant le délai de 121 jours ne fait pas disparaître votre droit potentiel au réexamen. Au contraire, cela peut renforcer l’idée que vous cherchez réellement à vous réinsérer professionnellement, ce qui est exactement ce que l’instance chargée d’étudier votre dossier veut vérifier.
Après une démission non légitime, il est possible d’obtenir le chômage, mais seulement après un réexamen au bout de 121 jours, et à condition de respecter toutes les règles de l’ARE. L’idée est simple : montrer que vous êtes resté actif dans votre recherche d’emploi et que votre chômage se prolonge malgré vos efforts.
Le réexamen ne « remplace » pas les conditions classiques de l’ARE, il s’y ajoute. Pour être indemnisé après 4 mois, il faut notamment :
Si ces conditions de base ne sont pas remplies, le réexamen après 121 jours ne pourra pas aboutir positivement.
Pour que l’instance paritaire accepte d’ouvrir des droits après une démission, il faut démontrer une recherche active d’emploi pendant les 4 mois. Concrètement, il est utile de rassembler :
Plus ces démarches sont régulières, datées et variées, plus votre dossier paraît solide.
Bonne nouvelle : vous n’êtes pas obligé de rester totalement sans activité pendant ces 4 mois, au contraire. France Travail et l’Unédic regardent très positivement :
L’essentiel est de pouvoir prouver que, pendant ces 121 jours, vous n’êtes pas resté passif : chaque formation, chaque mission, chaque démarche vient appuyer votre demande de chômage après démission.
Après une démission, il est tout à fait possible de demander un réexamen de sa situation pour obtenir le chômage, même si la démission n’était pas « légitime » au départ. Ce réexamen n’est pas automatique : il faut le solliciter, respecter un calendrier précis et préparer un dossier solide.
L’objectif de France Travail et de l’instance paritaire régionale (IPR) est de vérifier si, malgré la démission, votre situation justifie une indemnisation au titre de l’ARE.
Le fameux délai de 121 jours (4 mois) est la clé.
En pratique :
Concrètement, la bonne stratégie est souvent :
La demande se fait généralement via votre espace personnel et/ou lors d’un entretien avec votre conseiller, qui transmettra ensuite le dossier à l’IPR.
L’instance paritaire régionale est composée de représentants des salariés et des employeurs. Elle examine les dossiers de démissionnaires au cas par cas.
Elle va regarder notamment :
L’IPR se base sur les éléments transmis par France Travail et sur les justificatifs que vous avez fournis. Elle rend ensuite un avis motivé : favorable ou défavorable à l’ouverture de droits.
Vous n’êtes pas convoqué en personne : tout se joue sur la qualité du dossier et la clarté de vos explications.
Si l’IPR accepte :
Si l’IPR refuse :
Dans tous les cas, il est essentiel de rester inscrit à France Travail, de continuer vos démarches et de garder toutes les preuves de vos recherches. Plus votre dossier est documenté, plus vous donnez de chances à l’IPR de considérer que, malgré la démission, vous devez être indemnisé.
Quand une démission est réexaminée et finalement indemnisée, le principe est simple et plutôt rassurant : vous êtes traité comme si vous aviez perdu votre emploi de manière involontaire. Autrement dit, pour le montant et la durée de l’ARE, les règles sont globalement les mêmes que pour un licenciement ou une fin de CDD. La grande différence ne porte pas sur le calcul, mais sur la date de départ des droits et le fait qu’il a fallu passer par un réexamen.
Oui, le mode de calcul de l’ARE après une démission réexaminée est le même que pour les autres fins de contrat ouvrant droit au chômage.
En pratique, France Travail va reprendre vos anciens salaires bruts sur la période de référence (les derniers mois travaillés, dans la limite fixée par la réglementation en vigueur) pour calculer un salaire journalier de référence (SJR). À partir de ce SJR, l’ARE journalière est déterminée selon la formule habituelle, avec une partie fixe et une partie proportionnelle à votre ancien salaire, dans le respect des planchers et plafonds applicables.
La durée maximale d’indemnisation est elle aussi calculée comme pour un licenciement ou une fin de CDD, en fonction de votre durée d’affiliation (nombre de jours ou d’heures travaillés sur la période de référence) et de votre âge. Si vous remplissez les conditions d’ouverture de droits, vous ne serez pas « pénalisé » parce que vous avez démissionné au départ : une fois le réexamen accepté, vos droits sont alignés sur ceux d’un demandeur d’emploi classique.
En revanche, les éventuels différés d’indemnisation (indemnités supra-légales, congés payés non pris, délai d’attente de 7 jours) peuvent encore s’appliquer, selon votre situation au moment de la rupture.
C’est ici que tout se joue. Après une démission non légitime, vous devez en principe attendre 121 jours (soit environ 4 mois) avant de pouvoir demander le réexamen de votre situation.
Concrètement :
L’indemnisation ne démarre pas automatiquement au 122e jour. Il faut :
Dans la pratique, si votre dossier est accepté et qu’il n’y a pas de gros différés, le point de départ de l’ARE se situe souvent après le 121e jour, mais pas forcément pile le 122e jour. On parle plutôt d’un début d’indemnisation au cours du 5e mois, le temps que la décision soit rendue et que les délais réglementaires soient appliqués.
L’essentiel à retenir :
D’où l’importance d’anticiper, de préparer son dossier et de ne pas attendre le dernier moment pour se rapprocher de France Travail.
Bonne nouvelle : il n’est pas toujours nécessaire d’attendre les fameux 121 jours pour espérer toucher le chômage après une démission. Dans certains cas, le fait de retravailler après avoir quitté votre poste peut « effacer » la démission et ouvrir de nouveaux droits plus rapidement, à condition de respecter des règles assez précises.
Si vous retrouvez un emploi après votre démission, vous pouvez rouvrir des droits au chômage sans attendre 4 mois lorsque :
Dans ce cas, France Travail considère que la dernière perte d’emploi est la fin de ce nouvel emploi, et non plus la démission initiale. C’est cette fin de contrat qui sert alors de base pour ouvrir l’ARE.
Deux points importants :
En pratique, si vous avez démissionné, puis enchaîné un CDD de 3 mois qui se termine normalement, vous pouvez tout à fait prétendre au chômage sur la base de cette fin de CDD, sous réserve de remplir les autres conditions générales (durée totale d’affiliation, âge, résidence, etc.).
Beaucoup de personnes, après une démission, enchaînent missions d’intérim, CDD très courts, extras. Cela peut fonctionner, mais France Travail regarde alors plusieurs éléments.
D’abord, on additionne les contrats pour voir si vous atteignez le seuil de 65 jours travaillés / 455 heures après la démission. Peu importe que ce soit 10 jours ici, 15 jours là, puis 1 mois ailleurs : ce qui compte, c’est le total après la date de démission.
Ensuite, l’organisme examine la nature des fins de contrat :
Toutes ces situations sont considérées comme pertes involontaires d’emploi et vont dans le bon sens pour ouvrir des droits.
En revanche, si vous rompez vous-même plusieurs contrats courts (démissions, ruptures de période d’essai à votre initiative), France Travail peut estimer que vous êtes à l’origine des pertes d’emploi successives. Même avec beaucoup d’heures travaillées, cela peut bloquer l’ouverture de droits ou conduire à un examen plus strict.
L’idée clé à garder en tête : après une démission, chaque contrat court est une opportunité de reconstituer des droits, à condition de laisser l’employeur être à l’initiative de la fin du contrat et de viser au moins l’équivalent de 3 mois de travail cumulé.
Le Conseil en évolution professionnelle est un peu le « garde‑fou » de la démission pour projet professionnel. Il est gratuit, confidentiel et surtout… obligatoire si vous voulez bénéficier du dispositif « démission pour reconversion » et ouvrir droit au chômage.
Pour être indemnisé après une démission pour reconversion, vous devez notamment :
Le CEP intervient avant tout cela pour :
Point crucial : la demande de CEP doit être faite avant la démission. Si vous sollicitez le CEP après la rupture du contrat, votre projet ne sera pas recevable et vous perdrez le bénéfice du dispositif spécifique ouvrant droit au chômage.
En pratique, le CEP vous remet une synthèse écrite de votre projet. Ce document servira de base à la suite du parcours, notamment pour la commission qui devra valider le caractère « réel et sérieux » de votre reconversion.
Pour que votre démission pour projet professionnel ouvre droit à l’allocation chômage, votre projet doit être officiellement reconnu “réel et sérieux” par une commission paritaire interprofessionnelle régionale, appelée Transitions Pro (CPIR).
Voici le chemin à suivre, dans l’ordre, pour sécuriser au maximum vos droits :
En suivant ces étapes dans le bon ordre, votre démission n’est plus un saut dans le vide, mais une transition sécurisée vers votre nouveau projet professionnel, avec l’appui de France Travail et le filet de sécurité de l’allocation chômage.
Beaucoup de salariés démissionnent en pensant qu’ils auront “forcément” le chômage… et découvrent après coup qu’ils n’y ont pas droit. En France, la règle de base reste claire : la démission n’ouvre pas droit à l’ARE, sauf démission légitime ou dispositif spécifique (reconversion, réexamen après 121 jours, etc.).
Première erreur classique : ne pas vérifier si son motif entre réellement dans la liste fermée des démissions légitimes (suivre son conjoint, non‑paiement du salaire, violences, déménagement imposé, etc.). Si le motif n’est pas reconnu, France Travail refusera l’indemnisation, même si la situation paraît “logique” ou “juste” pour le salarié.
Autre piège : démissionner pour un projet de reconversion ou de création d’entreprise sans avoir suivi la procédure dédiée (CEP, validation du projet, durée d’activité minimale). Dans ce cas, la démission est traitée comme une démission “classique” et ne donne pas droit immédiatement au chômage.
Enfin, beaucoup ignorent le mécanisme du réexamen après 121 jours. Ils pensent qu’au bout de 4 mois, l’ARE sera automatique. En réalité, il faut en faire la demande, prouver ses recherches d’emploi et remplir toutes les autres conditions d’ouverture de droits. Sans ces éléments, l’instance paritaire régionale peut refuser l’indemnisation.
En résumé, démissionner sans s’être renseigné précisément sur les règles de France Travail, les cas de démission légitime et la procédure de reconversion, c’est prendre le risque de se retrouver plusieurs mois sans aucun revenu de remplacement.
Les 4 mois (121 jours) qui suivent une démission non légitime sont une période décisive. C’est sur cette phase que France Travail et l’instance paritaire régionale vont juger si le chômage se prolonge “contre votre volonté” et si vous avez tout fait pour retrouver un emploi.
Erreur fréquente : attendre la fin des 4 mois pour s’inscrire. Or, pour être indemnisé après réexamen, il faut remplir toutes les conditions classiques de l’ARE, dont l’inscription comme demandeur d’emploi et la recherche effective d’un travail. Si vous ne vous inscrivez qu’au bout de 4 mois, vous aurez beaucoup plus de mal à prouver vos démarches, et le point de départ de vos droits ne pourra jamais être antérieur à cette inscription.
Autre oubli lourd de conséquences : ne pas actualiser sa situation chaque mois. Sans actualisation, vous pouvez être radié ou désinscrit, ce qui casse la continuité de votre parcours et complique l’analyse de votre dossier au moment du réexamen.
Beaucoup de personnes négligent aussi de garder des traces de leurs actions :
Pourtant, ce sont précisément ces éléments que l’IPR attend pour décider d’accorder ou non l’ARE à partir du 122e jour. Sans preuves concrètes, même une recherche d’emploi réelle peut être considérée comme insuffisante.
En clair, pendant ces 4 mois, il ne suffit pas “d’attendre son tour”. Il faut être inscrit, actif, rigoureux dans ses démarches et garder tous les justificatifs. C’est ce qui fera la différence entre un réexamen accepté… ou un refus d’indemnisation.
Un dossier de chômage après démission se joue rarement en solo. Plus vous êtes bien entouré, plus vous avez de chances de faire reconnaître vos droits et d’éviter les mauvaises surprises. La bonne nouvelle : plusieurs acteurs peuvent vous aider gratuitement ou à coût limité, chacun avec un rôle bien précis.
France Travail est votre interlocuteur central. C’est avec eux que vous vous inscrivez, que vous signez votre contrat d’engagement et que vous préparez la demande d’allocation ou de réexamen après 121 jours. Le conseiller peut :
En parallèle, les syndicats (même si vous n’êtes pas adhérent à l’origine) sont très utiles si :
Pour les situations plus sensibles, vous pouvez aussi consulter :
Enfin, si votre démission est liée à un projet professionnel (reconversion, création d’entreprise), l’accompagnement par le Conseil en évolution professionnelle (CEP) et l’organisme qui valide le caractère « réel et sérieux » du projet est déterminant pour sécuriser ensuite votre droit au chômage.
Arriver préparé à son rendez-vous France Travail change tout. Vous gagnez du temps, vous rassurez le conseiller et vous montrez que vous êtes dans une vraie dynamique de retour à l’emploi.
Ayez idéalement avec vous (en version papier ou numérique) :
Pensez aussi à noter vos questions à l’avance : sur le délai de 121 jours, le réexamen, le calcul de l’ARE, la compatibilité avec une formation ou un projet de création d’entreprise. Un entretien bien préparé vous permet de repartir avec un plan d’action clair et de maximiser vos chances d’obtenir le chômage après démission.
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