Que vous soyez consultant, développeur, graphiste, rédacteur ou artisan à votre compte, la question revient toujours : à quel prix facturer vos prestations ? Fixer ses tarifs quand on démarre en indépendant ou quand on souhaite revaloriser son travail reste un exercice délicat. Un tarif trop bas vous épuise et vous décrédibilise. Un tarif trop élevé fait fuir les prospects. Trouver le juste prix, celui qui reflète votre expertise tout en restant attractif, demande une vraie méthodologie.
Ce guide vous accompagne pas à pas pour calculer votre taux journalier moyen, déterminer un taux horaire cohérent, choisir entre forfait et facturation au temps passé, et ajuster vos prix selon votre profil, votre secteur et vos clients. Que vous soyez auto-entrepreneur, freelance en portage salarial ou gérant de société, vous trouverez ici les clés pour construire une tarification rentable et professionnelle.
Pour fixer vos tarifs en freelance, partez de vos charges réelles (cotisations, impôts, frais professionnels, rémunération souhaitée), divisez par le nombre de jours réellement facturables dans l'année, et comparez avec les prix du marché dans votre secteur. Ajustez ensuite selon votre niveau d'expertise et la valeur perçue par le client. Un indépendant qui souhaite se verser 2 500 euros net par mois en micro-entreprise doit généralement facturer entre 350 et 500 euros par jour selon son activité.
Le taux journalier moyen, souvent abrégé TJM, représente le montant que vous facturez pour une journée complète de travail. Cette notion est particulièrement utilisée dans les métiers du conseil, du développement informatique, du marketing digital et de la communication. Le TJM sert de base de négociation avec les clients et permet de comparer facilement les tarifs entre freelances d'un même secteur.
Le TJM se distingue du taux horaire, qui correspond au prix facturé pour une heure de prestation. Les deux méthodes de facturation coexistent selon les habitudes de chaque profession. Un consultant en stratégie ou un développeur web travaillera plutôt au TJM, tandis qu'un coach, un formateur ou un traducteur facturera souvent à l'heure. Certains métiers créatifs comme les graphistes ou les rédacteurs web préfèrent le forfait par projet.
Le choix entre TJM, taux horaire et forfait dépend de votre activité, de vos clients et de la nature des missions. Chaque méthode présente des avantages et des inconvénients que nous détaillerons plus loin dans ce guide.
Aucune réglementation n'impose un tarif minimum ou maximum pour les prestations de services en freelance. Vous êtes libre de fixer vos prix comme vous le souhaitez, à condition de respecter quelques règles de base.
L'affichage des tarifs est obligatoire pour certaines professions réglementées et pour les prestations destinées aux particuliers lorsqu'un devis est exigé par la loi. Dans les secteurs du bâtiment, du déménagement, du dépannage ou des services à la personne, le professionnel doit remettre un devis gratuit au client avant toute intervention dès lors que le montant dépasse un certain seuil.
Les mentions obligatoires sur un devis incluent le prix unitaire hors taxes, le montant total TTC, le taux de TVA applicable (ou la mention d'exonération si vous êtes en franchise de TVA comme c'est le cas pour la plupart des micro-entrepreneurs), ainsi que les conditions de paiement. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des amendes pouvant atteindre 15 euros par mention manquante, avec un plafond de 15 000 euros par an.
Pour les prestations entre professionnels, le devis n'est pas toujours obligatoire mais reste fortement recommandé. Il protège les deux parties et évite les malentendus sur le périmètre de la mission et le prix convenu.
Le calcul du taux journalier moyen repose sur une logique simple : partir de vos besoins financiers réels et remonter jusqu'au prix de vente nécessaire pour les couvrir.
Commencez par définir la rémunération nette mensuelle que vous souhaitez vous verser. Ce montant doit couvrir vos dépenses personnelles (loyer, alimentation, transports, loisirs, épargne) tout en vous permettant de vivre confortablement. Prenons un objectif de 3 000 euros net par mois.
Ajoutez ensuite vos charges sociales. En micro-entreprise, le taux de cotisations pour une activité de prestation de services s'élève à 21,1 pour cent du chiffre d'affaires. Pour obtenir 3 000 euros net, vous devez donc facturer environ 3 800 euros par mois avant charges (3 000 divisé par 0,789).
Intégrez vos frais professionnels : abonnements logiciels, matériel informatique, téléphone, assurance professionnelle, cotisation retraite complémentaire si vous le souhaitez, formations, déplacements, location d'un espace de coworking. Comptez en moyenne 300 à 500 euros par mois pour un freelance qui travaille depuis son domicile.
Estimez maintenant le nombre de jours réellement facturables dans l'année. Sur 365 jours, retirez les week-ends (104 jours), les jours fériés (environ 10), vos congés (au minimum 25 jours), les jours de prospection et d'administratif (environ 40 jours), et les éventuels jours de maladie ou d'imprévus. Il reste en moyenne entre 180 et 220 jours facturables par an, soit 15 à 18 jours par mois.
Reprenons notre exemple avec 3 800 euros de facturation mensuelle nécessaire plus 400 euros de frais, soit 4 200 euros par mois. Divisé par 16 jours facturables en moyenne, cela donne un TJM de 262 euros. Pour intégrer une marge de sécurité et pouvoir constituer une trésorerie, ajoutez 20 à 30 pour cent. Votre TJM cible s'établit donc entre 315 et 340 euros par jour.
Ce calcul de base doit ensuite être confronté aux tarifs pratiqués sur votre marché pour vérifier sa cohérence.
Le statut juridique choisi influence directement le calcul de vos tarifs car les charges sociales et fiscales varient considérablement d'une forme juridique à l'autre.
Le régime de la micro-entreprise offre la simplicité mais impose des plafonds de chiffre d'affaires (77 700 euros pour les prestations de services en 2026). Les cotisations sociales représentent 21,1 pour cent du chiffre d'affaires pour les services et 12,3 pour cent pour la vente de marchandises. Le calcul du TJM est relativement simple car il suffit de majorer votre objectif de rémunération nette de ce pourcentage de charges.
Les charges sociales sont plus élevées (environ 45 pour cent en SASU si vous vous versez un salaire, 40 pour cent environ en EURL). En contrepartie, vous bénéficiez d'une meilleure protection sociale et de la possibilité de déduire vos frais professionnels. Votre TJM devra être supérieur à celui d'un micro-entrepreneur pour atteindre le même revenu net.
Les frais de gestion de la société de portage (entre 5 et 10 pour cent du chiffre d'affaires) s'ajoutent aux charges salariales classiques. Comptez environ 50 pour cent de charges totales. En contrepartie, vous bénéficiez du statut de salarié avec tous les avantages associés (chômage, mutuelle, retraite). Votre TJM doit donc être plus élevé que dans les autres statuts pour compenser ces charges.
Votre tarif doit être cohérent avec ce qui se pratique sur votre marché. Un écart trop important, à la hausse comme à la baisse, peut vous desservir.
Pour connaître les tarifs du marché, consultez les plateformes de freelances comme Malt, Freelance.com ou Upwork. Filtrez les profils par métier, niveau d'expérience et zone géographique pour obtenir une fourchette réaliste. Analysez une vingtaine de profils comparables au vôtre et calculez la moyenne des TJM affichés.
Les études de rémunération publiées par les syndicats professionnels, les cabinets de recrutement ou les observatoires des métiers fournissent également des données précieuses. Elles permettent de situer votre tarif par rapport aux standards de votre profession.
Attention toutefois à ne pas vous aligner systématiquement sur les prix les plus bas du marché. Un tarif trop faible peut signaler un manque de compétences ou d'expérience aux yeux de certains clients. À l'inverse, un tarif premium doit être justifié par une expertise reconnue, des certifications, un portfolio solide ou une spécialisation recherchée.
Votre tarif doit refléter votre valeur sur le marché. Un développeur junior qui débute ne peut pas facturer au même prix qu'un expert avec dix ans d'expérience et des références prestigieuses.
Les freelances se classent généralement en quatre niveaux selon leur ancienneté. Les profils juniors comptent de zéro à trois ans d'expérience. Les profils confirmés ont entre trois et cinq ans de pratique. Les seniors cumulent cinq à dix années dans leur métier. Les experts dépassent dix ans d'expérience et disposent souvent d'une spécialisation pointue ou d'une notoriété établie.
Chaque niveau correspond à une fourchette de TJM différente. Un développeur web junior facturera entre 250 et 350 euros par jour, un confirmé entre 400 et 550 euros, un senior entre 550 et 750 euros, et un expert peut dépasser 800 voire 1 000 euros par jour selon sa spécialité et la rareté de ses compétences.
Les spécialisations rares ou très demandées permettent de pratiquer des tarifs supérieurs. Un consultant en cybersécurité, un expert en intelligence artificielle ou un spécialiste de la RSE pourront facturer davantage qu'un généraliste car leurs compétences sont plus difficiles à trouver sur le marché.
Le TJM convient aux missions de plusieurs jours ou semaines où vous êtes mobilisé à temps plein ou presque sur un projet. Il offre une visibilité claire au client sur le budget à prévoir et facilite la comparaison entre prestataires. En revanche, il peut vous pénaliser si vous travaillez efficacement et terminez avant l'heure, ou vous avantager si le projet prend du retard.
La facturation à l'heure est adaptée aux interventions ponctuelles, aux missions de conseil ou de formation, ou aux prestations dont la durée est difficile à estimer. Elle permet une grande flexibilité mais nécessite un suivi précis du temps passé. Le client peut parfois percevoir ce mode de facturation comme moins transparent.
Le prix fixe par projet sécurise le client qui connaît à l'avance le montant exact de la prestation. Pour le freelance, le forfait peut être très rentable si le travail est bien cadré et si vous êtes efficace. Il devient risqué si le périmètre de la mission évolue ou si les demandes de modifications s'accumulent. Pour vous protéger, définissez précisément les livrables inclus dans le forfait et prévoyez un tarif pour les prestations supplémentaires.
Le choix entre ces trois méthodes dépend de votre métier, du type de client et de la nature de chaque mission. Rien ne vous empêche de combiner plusieurs approches selon les situations.
Sous-estimer ses charges est l'erreur la plus fréquente chez les freelances débutants. Beaucoup oublient d'intégrer les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, la TVA, les frais bancaires, les outils numériques ou les cotisations retraite complémentaires. Résultat : un tarif qui semble correct mais qui ne permet pas de vivre décemment.
Se comparer uniquement aux tarifs les plus bas du marché conduit à une course vers le fond. Vous attirez des clients focalisés uniquement sur le prix, souvent les plus exigeants et les moins fidèles. Positionnez-vous plutôt sur la valeur que vous apportez que sur le prix le plus bas.
Oublier le temps non facturable est une autre erreur classique. Prospection, devis, relances, administratif, comptabilité, formation, communication : ces activités représentent facilement 30 à 40 pour cent de votre temps de travail sans générer directement de revenus. Votre tarif doit en tenir compte.
Ne pas réévaluer ses tarifs régulièrement vous fait perdre du pouvoir d'achat d'année en année. L'inflation, l'évolution de vos compétences, l'augmentation de vos charges justifient une revalorisation annuelle de vos prix.
Accepter systématiquement les demandes de réduction fragilise votre positionnement et votre trésorerie. Sachez dire non ou proposer une contrepartie (réduction du périmètre, paiement anticipé, engagement sur une durée longue).
De nombreux freelances commettent l'erreur de comparer directement leur TJM au salaire brut d'un poste équivalent en entreprise. Or les deux situations ne sont pas comparables.
Un salarié perçoit un salaire net augmenté de nombreux avantages : congés payés, RTT, mutuelle prise en charge partiellement par l'employeur, cotisations retraite complémentaires, prime de fin d'année, plan d'épargne entreprise, tickets restaurant, chômage en cas de perte d'emploi. Ces éléments représentent souvent 30 à 50 pour cent du coût total pour l'employeur.
Pour obtenir un niveau de vie équivalent à un salaire de 3 500 euros brut mensuel, un freelance doit généralement facturer un TJM de 400 à 500 euros selon son statut et ses charges. Ce calcul tient compte de l'absence de congés payés, de la nécessité de constituer une épargne de précaution, et du financement de sa propre protection sociale.
Des simulateurs en ligne permettent de comparer précisément les revenus entre salariat et freelance en intégrant toutes les composantes. N'hésitez pas à utiliser ces outils avant de fixer votre tarif ou de négocier une mission.
Prenons le cas de Sophie, consultante en communication digitale qui souhaite se lancer en micro-entreprise. Son objectif est de se verser 2 800 euros net par mois après cotisations.
Avec un taux de charges sociales de 21,1 pour cent, elle doit facturer 2 800 divisé par 0,789, soit environ 3 550 euros de chiffre d'affaires mensuel.
Sophie estime ses frais professionnels à 350 euros par mois (ordinateur, logiciels, téléphone, assurance, déplacements occasionnels).
Son chiffre d'affaires mensuel nécessaire s'élève donc à 3 550 plus 350, soit 3 900 euros.
Sophie prévoit de prendre quatre semaines de congés par an et estime qu'elle passera environ 30 pour cent de son temps sur la prospection et l'administratif. Elle table donc sur 14 jours facturables par mois en moyenne.
Son TJM de base s'établit à 3 900 divisé par 14, soit 278 euros.
Pour intégrer une marge de sécurité et pouvoir financer sa formation continue et constituer une épargne de précaution, Sophie ajoute 25 pour cent. Son TJM cible atteint 350 euros par jour.
Après avoir analysé les tarifs pratiqués sur Malt pour des profils similaires, Sophie constate que la fourchette se situe entre 320 et 450 euros pour des consultants confirmés. Son tarif est donc cohérent avec le marché et lui permettra d'atteindre ses objectifs financiers.
Sauf clause contraire dans le contrat ou le devis signé, le tarif convenu engage les deux parties pour toute la durée de la mission. Vous ne pouvez pas augmenter vos prix unilatéralement en cours de route. En revanche, si le périmètre de la mission évolue (ajout de fonctionnalités, modifications importantes, délais raccourcis), vous pouvez légitimement proposer un avenant avec un nouveau tarif pour les prestations supplémentaires.
Il n'existe pas d'obligation légale pour les freelances d'afficher leurs prix publiquement (sauf pour certaines professions réglementées). Afficher ses tarifs peut faciliter la qualification des prospects et éviter les demandes de clients dont le budget est incompatible avec vos prix. À l'inverse, cela peut vous fermer des portes si votre tarif semble trop élevé sans contexte. Beaucoup de freelances préfèrent indiquer une fourchette ou inviter à les contacter pour un devis personnalisé.
Écoutez d'abord les objections du client pour comprendre si le problème vient du budget global ou de la perception de la valeur. Vous pouvez expliquer la composition de votre tarif, mettre en avant votre expertise et vos références, ou proposer une offre réduite (moins de livrables, délais plus longs). Évitez de baisser votre prix sans contrepartie car cela affaiblit votre positionnement et peut créer un précédent pour les négociations futures.
Les frais de déplacement peuvent être facturés en sus du tarif journalier si cela a été convenu avec le client. Deux méthodes sont possibles. Soit vous facturez les frais réels sur présentation des justificatifs (billets de train, notes de carburant, tickets de péage). Soit vous appliquez le barème kilométrique officiel qui permet de calculer les indemnités kilométriques en fonction de la puissance du véhicule et de la distance parcourue. Dans tous les cas, précisez les modalités dans votre devis.
Si vous êtes en micro-entreprise et que vous n'avez pas dépassé les seuils de franchise de TVA, vous ne facturez pas la TVA et devez indiquer la mention TVA non applicable article 293 B du CGI sur vos devis et factures. Dès que vous dépassez les seuils ou si vous optez volontairement pour l'assujettissement, vous devez facturer la TVA (généralement 20 pour cent pour les prestations de services) et la reverser à l'État. Cette TVA s'ajoute à votre tarif HT et n'a pas d'impact sur votre revenu net.
Un freelance qui débute peut difficilement facturer au même tarif qu'un expert reconnu. En fonction du secteur, un TJM de 250 à 350 euros est généralement accepté pour un profil junior. L'important est de ne pas brader ses prestations : même débutant, votre travail a une valeur et vous avez des charges à couvrir. Au fur et à mesure que vous gagnez en expérience et en références, augmentez progressivement vos tarifs.
Prévenez vos clients suffisamment à l'avance (un à deux mois minimum) de l'évolution de vos tarifs. Expliquez les raisons de cette augmentation : inflation, évolution de vos compétences, nouvelles certifications, investissements dans des outils plus performants. Proposez éventuellement une période de transition ou un tarif préférentiel pour les clients fidèles. La plupart des clients comprennent qu'une revalorisation annuelle est normale et nécessaire.
Oui, vous êtes libre d'adapter vos tarifs selon le type de client (grande entreprise, PME, startup, association), la durée de la mission, la complexité du projet ou le secteur d'activité. Cette flexibilité tarifaire est courante chez les freelances. Veillez simplement à rester cohérent et à pouvoir justifier les écarts si un client vous interroge.
Fixer ses tarifs en freelance demande de conjuguer calcul financier, connaissance du marché et valorisation de ses compétences. Partez toujours de vos charges réelles et de vos objectifs de revenus pour établir un TJM plancher en dessous duquel vous ne devez pas descendre. Confrontez ce tarif aux prix pratiqués par vos concurrents pour vérifier sa cohérence. Ajustez ensuite selon votre niveau d'expérience, vos spécialisations et le profil de chaque client. Réévaluez vos prix chaque année pour maintenir votre rentabilité et ne pas vous laisser éroder par l'inflation. Un tarif bien calibré vous permet de vivre sereinement de votre activité tout en proposant des prestations de qualité à vos clients.
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