Combien gagne-t-on réellement en arrêt maladie ? Indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), maintien de salaire par l'employeur, complément prévoyance et subrogation : ce guide détaille toutes les sources d'indemnisation et les conditions à remplir pour conserver votre rémunération pendant un arrêt de travail. Calculs concrets, exemples chiffrés et démarches pratiques mis à jour pour 2026.
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Lorsqu'un salarié est en arrêt de travail pour maladie, son contrat de travail est suspendu. Il ne perçoit donc plus son salaire habituel. Pour autant, il n'est pas sans revenu : un système d'indemnisation à plusieurs niveaux peut compenser tout ou partie de cette perte de salaire.
Le revenu d'un salarié en arrêt maladie repose sur trois étages, qui s'empilent selon votre situation :
1er étage — Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) versées par votre Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Elles correspondent à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond.
2e étage — Le maintien de salaire par l'employeur sous forme d'indemnités complémentaires, prévu par le Code du travail (article L.1226-1) à partir d'un an d'ancienneté. Il complète les IJSS pour atteindre un certain pourcentage du salaire brut.
3e étage — La prévoyance d'entreprise lorsqu'elle existe, sous forme de garanties contractuelles souscrites par l'employeur auprès d'un organisme de prévoyance (Malakoff Humanis, AG2R, Groupama, etc.). Elle peut compléter le maintien de salaire pour atteindre 100 % du net habituel.
L'addition de ces trois étages peut permettre, dans certains cas, de conserver l'intégralité de son salaire pendant un arrêt maladie. Mais cela dépend de plusieurs paramètres : votre ancienneté, votre convention collective, l'existence d'une prévoyance, votre niveau de salaire et la durée de l'arrêt.
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Pour percevoir les IJSS pendant les 6 premiers mois d'un arrêt de travail, vous devez remplir l'une des conditions suivantes au jour de l'arrêt :
Condition d'activité — Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois (ou 90 jours) précédant l'arrêt.
Condition de cotisation — Avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire brut sur les 6 mois précédents, soit 12 200,30 € en 2026.
Pour les arrêts de plus de 6 mois, des conditions complémentaires s'appliquent : vous devez justifier d'une affiliation à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois et de 600 heures travaillées sur les 12 derniers mois (ou 2 030 fois le SMIC horaire en cotisations).
Le montant des IJSS est égal à 50 % du salaire journalier de base.
Calcul du salaire journalier de base : (salaires bruts des 3 derniers mois) ÷ 91,25
Plafond 2026 : depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 552,25 € par mois. Au-delà de ce plafond, l'IJSS n'augmente plus.
Montant maximum de l'IJSS en 2026 : 41,95 € bruts par jour calendaire.
Exemple concret
Un salarié perçoit 2 300 € bruts par mois sur les 3 derniers mois.
Pour un salarié à 3 500 € bruts par mois (au-dessus du plafond) :
Les IJSS sont versées après un délai de carence de 3 jours. Concrètement, si votre arrêt commence le 1er du mois, vos IJSS commencent à courir à partir du 4. Pendant les 3 premiers jours, vous ne percevez rien de la Sécurité sociale (sauf cas particulier ou convention collective plus favorable).
Les IJSS sont versées tous les 14 jours en moyenne, pour chaque jour calendaire (samedi et dimanche compris). En cas de maladie ordinaire, vous pouvez percevoir au maximum 360 IJSS sur une période de 3 années consécutives.
Les IJSS sont soumises à l'impôt sur le revenu et supportent la CSG et la CRDS, mais pas les cotisations sociales classiques.
Le Code du travail (article L.1226-1) impose à l'employeur de verser des indemnités complémentaires aux IJSS, à condition que le salarié remplisse les conditions suivantes :
Le maintien légal prévoit :
Cette durée de 30 + 30 jours augmente avec l'ancienneté :
Attention : le maintien de salaire par l'employeur est soumis à un délai de carence de 7 jours (et non 3 jours comme les IJSS). Cela signifie que les indemnités complémentaires de l'employeur commencent à être versées au 8e jour de l'arrêt, sauf disposition plus favorable de la convention collective.
Exception importante : ce délai de 7 jours ne s'applique pas en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Le maintien commence dès le 1er jour.
Beaucoup de conventions collectives sont plus favorables que le minimum légal. Elles peuvent prévoir :
Vérifiez toujours votre convention collective avant d'estimer ce que vous toucherez. Vous pouvez la consulter sur Légifrance ou demander à votre service RH.
La prévoyance d'entreprise est un contrat collectif souscrit par l'employeur auprès d'un organisme assureur (Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, Apicil, Groupama, etc.). Elle complète les IJSS et le maintien de salaire légal pour atteindre un niveau de rémunération plus élevé pendant l'arrêt maladie.
La prévoyance d'entreprise est obligatoire pour les cadres depuis l'accord ANI de 1947, qui impose à l'employeur de cotiser à hauteur d'au moins 1,50 % du Tranche 1 (jusqu'au plafond de la Sécurité sociale) au titre de la prévoyance.
Pour les non-cadres, elle n'est pas obligatoire au sens légal, mais de nombreuses conventions collectives l'imposent (BTP, métallurgie, hôtellerie-restauration, transport routier, etc.).
Une prévoyance d'entreprise standard couvre généralement :
Demandez à votre service RH ou à votre comptable :
Vous pouvez aussi consulter votre bulletin de paie : la cotisation prévoyance y apparaît dans la partie "cotisations salariales" ou "cotisations patronales".
C'est la question que tout salarié se pose. La réponse dépend de votre situation. Voici les conditions à réunir pour conserver l'intégralité de votre rémunération :
C'est le cas le plus favorable. L'addition IJSS + maintien de salaire employeur + prévoyance permet généralement de couvrir 100 % du salaire net pendant les 90 premiers jours d'arrêt, voire plus selon le contrat de prévoyance.
Certaines conventions collectives (Syntec, banque, assurance, métallurgie cadres, certaines branches publiques) prévoient un maintien à 100 % du salaire dès le 1er jour, sans délai de carence et sans condition d'ancienneté spécifique. Vérifiez votre convention.
Au-delà des obligations légales, certains employeurs maintiennent volontairement 100 % du salaire de leurs salariés en arrêt, par politique sociale interne. C'est plus fréquent dans les grands groupes et les administrations.
En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle reconnue, l'indemnisation est plus favorable :
Pour les arrêts liés à une ALD reconnue par la CPAM, le délai de carence ne s'applique qu'au premier arrêt. Les arrêts successifs liés à la même ALD sont indemnisés dès le premier jour. La durée d'indemnisation peut aller jusqu'à 3 ans.
En résumé
Pour toucher 100 % de votre salaire, vous devez généralement cumuler : une bonne convention collective, une ancienneté suffisante, et idéalement une prévoyance d'entreprise. Sans ces éléments, vous toucherez en moyenne entre 50 % (IJSS seules) et 90 % (IJSS + maintien légal employeur) de votre salaire brut.
C'est l'une des sources de confusion les plus fréquentes. Il existe deux délais de carence distincts qui ne s'appliquent pas aux mêmes prestations :
Pendant les 3 premiers jours de votre arrêt, la Sécurité sociale ne verse aucune indemnité. Le versement commence au 4e jour.
Exceptions au délai de carence de 3 jours :
Le maintien de salaire par l'employeur (les indemnités complémentaires aux IJSS) commence au 8e jour de l'arrêt, sauf si la convention collective prévoit un délai plus court ou nul.
Exception : pas de délai de carence en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
Si votre arrêt dure moins de 8 jours et que votre convention collective ne prévoit rien de plus favorable, vous risquez de ne percevoir aucune indemnité. Si l'arrêt dure entre 8 et 30 jours, vous percevez les IJSS dès le 4e jour et le complément employeur dès le 8e jour.
La subrogation est un mécanisme qui permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS à la place du salarié, à charge pour lui de maintenir le salaire de manière classique sur la fiche de paie.
Avec la subrogation, vous percevez votre salaire (maintenu) sur votre bulletin de paie habituel, comme si vous travailliez. Vous n'attendez pas le versement des IJSS par la CPAM (qui peut prendre plusieurs semaines). Aucune interruption de revenus, aucune démarche à faire.
L'employeur déclare l'arrêt de travail via la DSN (Déclaration Sociale Nominative) et coche la case "subrogation" en indiquant les dates de début et de fin. La CPAM verse alors directement les IJSS sur le compte bancaire de l'entreprise. L'entreprise vous verse votre salaire maintenu dans son intégralité.
La subrogation peut être mise en place si :
La subrogation peut être totale (sur toute la durée du maintien) ou partielle (sur une partie seulement de l'arrêt).
Si l'employeur n'applique pas la subrogation, la CPAM verse les IJSS directement sur votre compte bancaire, et l'employeur verse séparément les indemnités complémentaires sur votre bulletin de paie. Vous recevez donc deux versements distincts, parfois avec un décalage de plusieurs semaines.
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Voici des exemples concrets de ce qu'un salarié perçoit en arrêt maladie selon son salaire et sa situation. Ces calculs supposent un arrêt maladie ordinaire (hors AT/MP) et 1 an d'ancienneté minimum.
Salaire journalier de base : (1 801 × 3) ÷ 91,25 = 59,21 €IJSS : 59,21 × 50 % = 29,60 € bruts/jour
Sur un arrêt de 30 jours :
Total perçu sur 30 jours : environ 1 600 € bruts (contre 1 801 € de salaire habituel)
Salaire journalier de base : (2 500 × 3) ÷ 91,25 = 82,19 €IJSS : 82,19 × 50 % = 41,10 € bruts/jour (proche du plafond)
Sur un arrêt de 30 jours avec maintien employeur à 90 % :
Total perçu sur 30 jours : environ 2 234 € bruts (contre 2 500 € habituels, soit ~89 %)
Salaire journalier de base plafonné : (2 552,25 × 3) ÷ 91,25 = 83,90 €IJSS : 83,90 × 50 % = 41,95 € bruts/jour (plafond maximum)
Sur un arrêt de 30 jours avec maintien employeur à 90 % + prévoyance complétant à 100 % :
Total perçu sur 30 jours : environ 4 000 € bruts (100 %) dans le meilleur des cas
Plus votre salaire est élevé, plus l'écart entre les IJSS plafonnées et votre salaire habituel est important. C'est précisément pour combler cet écart que les cadres bénéficient quasi systématiquement d'une prévoyance d'entreprise. Pour les salariés au SMIC ou proches du SMIC, le maintien légal couvre une grande partie du salaire dès la première année d'ancienneté.
Transmettre votre arrêt de travail. Votre médecin vous remet un avis d'arrêt en 3 volets (Cerfa n°10170) :
Si votre médecin a transmis l'arrêt en ligne via le téléservice de l'Assurance Maladie, vous n'avez qu'à transmettre le volet employeur.
Le non-respect du délai de 48 heures peut entraîner une réduction de vos IJSS à 50 % de leur montant pendant la période de retard.
Si votre médecin prolonge votre arrêt, vous devez transmettre la prolongation dans les mêmes conditions et délais (48 heures à la CPAM et à l'employeur).
Vous reprenez le travail à la date de fin indiquée sur l'arrêt. Pour les arrêts de plus de 30 jours, une visite de reprise auprès de la médecine du travail est obligatoire dans les 8 jours suivant le retour au travail.
L'employeur doit transmettre une attestation de salaire à la CPAM via la DSN dans les meilleurs délais après réception de l'avis d'arrêt. Cette attestation contient les informations nécessaires au calcul des IJSS (salaires des 3 derniers mois, périodes travaillées).
Sans cette attestation, la CPAM ne peut pas verser les IJSS au salarié.
Si le salarié remplit les conditions (1 an d'ancienneté minimum sauf disposition conventionnelle plus favorable), l'employeur doit verser les indemnités complémentaires prévues par le Code du travail ou la convention collective applicable.
Si l'entreprise pratique la subrogation, l'employeur doit le déclarer dans la DSN et continuer à verser le salaire maintenu sans interruption.
Pendant l'arrêt, l'employeur ne peut pas :
L'employeur peut en revanche demander une contre-visite médicale par un médecin de son choix pour vérifier la réalité de l'arrêt.
À la fin de l'arrêt, l'employeur doit réintégrer le salarié à son poste précédent ou à un poste équivalent (même qualification, même rémunération). Pour les arrêts de plus de 30 jours, une visite de reprise auprès de la médecine du travail est obligatoire.
L'indemnisation est plus favorable qu'en cas de maladie ordinaire :
Pour les ALD reconnues (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires graves, etc.) :
Le régime des fonctionnaires diffère de celui du secteur privé :
Les indépendants relèvent de la Sécurité sociale des indépendants (intégrée à la CPAM depuis 2020) :
Pour les auto-entrepreneurs, les conditions sont plus restrictives : il faut justifier d'au moins 1 an d'affiliation et d'un revenu minimum sur les années précédentes.
Le temps partiel thérapeutique permet de reprendre progressivement une activité après un arrêt maladie. Le salarié travaille à temps partiel et perçoit un salaire correspondant aux heures travaillées + des IJSS pour compenser la différence avec son salaire habituel. La prescription est faite par le médecin traitant et acceptée par la CPAM.
Vous percevez les IJSS de la Sécurité sociale (50 % du salaire journalier de base, plafonnées à 41,95 € bruts/jour en 2026). À partir d'1 an d'ancienneté, votre employeur complète ces IJSS pour atteindre 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours supplémentaires (durées plus longues avec l'ancienneté).
Pour toucher 100 %, il faut généralement cumuler trois conditions : une convention collective favorable, une ancienneté suffisante et une prévoyance d'entreprise. Les cadres bénéficient quasi systématiquement d'une prévoyance qui complète les IJSS et le maintien de salaire pour atteindre 100 % du net.
Il existe deux délais de carence : 3 jours pour les IJSS de la Sécurité sociale (le versement commence au 4e jour) et 7 jours pour le maintien de salaire par l'employeur (le complément commence au 8e jour). En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, aucun délai de carence ne s'applique.
La subrogation est un mécanisme qui permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS à la place du salarié, à charge pour lui de maintenir le salaire sur la fiche de paie habituelle. Avantage pour le salarié : aucune interruption de revenus, pas de démarches.
Le montant maximum des IJSS est de 41,95 € bruts par jour en 2026. Ce plafond correspond à un salaire de référence de 2 552,25 € bruts par mois (1,4 fois le SMIC mensuel).
Pour une maladie ordinaire, vous pouvez percevoir au maximum 360 IJSS sur une période de 3 années consécutives. Pour une affection de longue durée (ALD), la durée d'indemnisation est portée à 3 ans (1 095 jours).
Oui, le salaire journalier de base est calculé sur les salaires bruts des 3 derniers mois précédant l'arrêt, primes incluses (prime de 13e mois, primes mensuelles, etc.). En revanche, les éléments exceptionnels (intéressement, participation) ne sont pas pris en compte.
Vérifiez d'abord votre convention collective et votre ancienneté. Si vous remplissez les conditions et que l'employeur refuse de verser les indemnités complémentaires, vous pouvez le mettre en demeure par lettre recommandée. En cas de refus persistant, saisissez le Conseil de Prud'hommes.
Oui. Les IJSS sont versées pour chaque jour calendaire, samedi et dimanche compris. Le maintien de salaire par l'employeur suit la même règle.
Oui, les IJSS sont soumises à l'impôt sur le revenu et supportent la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %). Elles sont déclarées à la rubrique "salaires" de votre déclaration de revenus.
Non, l'employeur ne peut pas licencier un salarié en raison de son état de santé ou de son arrêt maladie. En revanche, un licenciement pour un motif étranger à la maladie reste possible (faute grave antérieure, motif économique). Pour les arrêts prolongés perturbant gravement l'organisation de l'entreprise, le licenciement est possible mais strictement encadré.
Depuis la loi du 22 avril 2024, les arrêts maladie d'origine non professionnelle ouvrent droit à l'acquisition de congés payés, dans la limite de 2 jours ouvrables par mois (24 jours par an). Pour les arrêts liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle, l'acquisition reste à 2,5 jours ouvrables par mois.
Les auto-entrepreneurs sont affiliés à la Sécurité sociale des indépendants. Les IJSS sont calculées sur la moyenne des revenus des 3 dernières années. Conditions : 1 an minimum d'affiliation et un revenu minimum. Le délai de carence est de 3 jours (0 jour en cas d'hospitalisation).
Les périodes d'arrêt maladie longues (plus de 60 jours d'indemnisation) sont validées pour la retraite : 1 trimestre validé pour chaque période de 60 jours d'indemnisation, dans la limite de 4 trimestres par an. Conservez vos relevés d'IJSS sans limitation de durée.
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