La perte de revenus en arrêt maladie inquiète beaucoup de salariés qui cherchent comment toucher 100 % de leur salaire, entre indemnités journalières de la Sécurité sociale, complément employeur et garanties de prévoyance. Comprendre les règles, les délais de carence et les démarches est essentiel pour limiter au maximum la baisse de revenus.
Nous verrons comment fonctionnent le calcul des indemnités, les conditions pour bénéficier du maintien de salaire légal ou conventionnel, le rôle de la mutuelle et de la prévoyance, ainsi que les bons réflexes pour ne pas perdre de droits. Vous aurez ainsi toutes les clés pour optimiser votre indemnisation et vous rapprocher le plus possible du 100 % de votre salaire en arrêt maladie.
En 2026, votre rémunération en arrêt maladie repose toujours sur un duo : indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJ) + éventuel complément de votre employeur. La grande nouveauté des réformes 2025–2026, c’est que la part prise en charge par la Sécu est moins généreuse pour les salaires plus élevés, ce qui rend le rôle de l’employeur (et des garanties complémentaires) encore plus décisif.
La Sécurité sociale vous verse des indemnités journalières maladie à partir du 4ᵉ jour d’arrêt (délai de carence de 3 jours maintenu en 2026 pour le privé). Le principe reste :
Depuis le 1ᵉʳ avril 2025, ce plafond a été abaissé à 1,4 Smic mensuel (au lieu de 1,8), ce qui réduit mécaniquement l’IJ maximale. Concrètement, l’indemnité journalière maximale tourne autour de 41 € brut par jour au lieu d’un peu plus de 53 € auparavant.
Au‑delà de ces IJ, l’employeur peut compléter votre revenu, soit parce que la loi l’y oblige (maintien légal de salaire sous conditions), soit parce qu’une convention collective ou un accord d’entreprise prévoit un maintien plus favorable.
Les réformes récentes jouent sur deux leviers :
Ces deux mouvements vont dans des sens opposés :
En clair : la base de nombreux droits sociaux progresse, mais l’indemnisation Sécu en cas d’arrêt maladie est plus vite “bloquée” pour les salaires moyens et supérieurs. L’écart à combler par l’employeur ou la prévoyance devient donc plus important.
Pour comprendre votre paie en arrêt maladie en 2026, il faut distinguer quelques notions essentielles :
En résumé, en 2026, la Sécurité sociale assure un socle, mais ne vise plus du tout les 100 % de salaire. Pour s’en approcher, tout se joue sur ce que prévoit votre employeur et vos garanties complémentaires.
En 2026, toucher 100 % de votre salaire pendant un arrêt maladie reste possible, mais seulement si plusieurs conditions se cumulent : ancienneté suffisante, respect des délais, et parfois un bon coup de pouce de votre convention collective ou d’un contrat de prévoyance. Regardons point par point ce qui change vraiment pour vous.
Le socle reste fixé par le Code du travail : pour bénéficier du complément de salaire légal de l’employeur, vous devez en principe justifier d’une ancienneté minimale d’un an dans l’entreprise au premier jour de l’arrêt (sauf dispositions plus favorables de votre convention collective).
Cette ancienneté se calcule en tenant compte de votre présence continue, mais certaines absences sont assimilées à du temps de travail (congés payés, congé maternité, certains arrêts pour accident du travail, etc.). En revanche, des périodes longues sans contrat ou un changement d’employeur remettent le compteur à zéro.
Beaucoup de conventions collectives améliorent ce cadre en :
En 2026, la vraie question n’est donc pas seulement « ai‑je un an d’ancienneté ? », mais « quelles règles spécifiques s’appliquent dans ma branche et dans mon entreprise ? ».
Deux délais de carence peuvent s’additionner ou non, selon votre situation :
Résultat concret :
Le maintien de salaire n’est jamais illimité. Le Code du travail prévoit une durée de prise en charge croissante avec l’ancienneté, souvent fractionnée en deux périodes : une première à environ 90 % du brut, puis une seconde à 66 % environ, en complément des IJ.
À cela s’ajoutent trois grands facteurs qui font varier la durée maximale :
En pratique, espérer 100 % de maintien de salaire suppose donc :
Plus vous connaissez ces règles avant d’être malade, plus vous pouvez ajuster vos protections et éviter les mauvaises surprises sur votre fiche de paie.
En 2026, les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) pour un arrêt maladie « classique » restent calculées à partir de votre salaire brut des 3 derniers mois (ou 12 derniers mois si vous êtes en activité saisonnière ou discontinue).
Exemple simple Vous avez gagné 3 000 € brut par mois sur les 3 derniers mois. Total 3 mois : 9 000 €. Salaire journalier de base ≈ 9 000 / 91,25 ≈ 98,62 €. IJSS ≈ 50 % × 98,62 ≈ 49,31 € par jour.
Vous voyez tout de suite que les IJSS seules ne permettent pas d’atteindre 100 % de votre salaire, surtout si vous avez un revenu proche ou au-dessus du plafond.
Le complément employeur vient s’ajouter aux IJSS pour limiter votre perte de salaire. Il est encadré par le Code du travail, mais aussi par votre convention collective ou un accord d’entreprise, qui peuvent être plus favorables.
En pratique, l’employeur regarde :
Il verse alors un complément pour que la somme IJSS + complément atteigne le pourcentage prévu.
Reprenons l’exemple précédent : Salaire net habituel ≈ 2 340 € (pour un brut de 3 000 €, ordre de grandeur). IJSS nettes sur un mois d’arrêt ≈ 49,31 € × 30 ≈ 1 479 €. Si votre convention prévoit 90 % du net, objectif ≈ 2 106 €. Complément employeur ≈ 2 106 – 1 479 ≈ 627 €.
Si un texte prévoit 100 % du salaire net, l’employeur complète davantage. S’il n’y a pas de dispositif de maintien, vous ne toucherez que les IJSS, ce qui crée une vraie chute de revenu.
La subrogation est un mécanisme très pratique : votre employeur perçoit directement les IJSS à votre place et vous continuez à recevoir, de sa part, un versement mensuel “comme d’habitude”.
Concrètement, cela se produit lorsque :
Dans ce cas, vous voyez sur votre fiche de paie :
Résultat très confortable pour vous : vous n’avez qu’un seul interlocuteur payeur, votre employeur, et pas de décalage de trésorerie entre le versement des IJSS et celui du complément. En revanche, il reste essentiel de vérifier vos bulletins de paie pour s’assurer que le calcul IJSS + complément est bien conforme à vos droits.
Pour savoir si vous pouvez toucher 100 % de votre salaire en arrêt maladie, il faut sortir la loupe et regarder vos textes de référence, dans cet ordre :
En pratique, vous pouvez retrouver ces textes via votre espace RH, votre CSE, ou en consultant directement la version à jour de votre convention collective sur les sites officiels. L’important est de vérifier les articles sur l’arrêt maladie ou le maintien de salaire et de les comparer à ce que prévoit votre contrat.
Bonne nouvelle : certains secteurs sont historiquement très protecteurs. On y trouve fréquemment un maintien de salaire à 100 % dès le début de l’arrêt, parfois sans délai de carence côté employeur, qui vient compléter les IJ de la Sécurité sociale.
C’est souvent le cas :
Ces exemples montrent à quel point la convention collective peut faire la différence entre un simple 50 % d’IJ et un vrai maintien intégral de salaire.
Votre statut joue aussi un rôle clé. Dans plusieurs conventions, les cadres bénéficient d’un maintien de salaire plus long ou mieux rémunéré que les non‑cadres, parfois avec une seconde tranche à 50 % après une première période à 100 %. C’est par exemple le cas dans la métallurgie, où les groupes d’emplois cadres profitent d’une indemnisation à 100 % puis 50 % sur des durées importantes.
Pour les salariés au forfait jours, les règles de maintien de salaire sont en général alignées sur celles des autres cadres de la même convention, mais la base de calcul peut tenir compte de la rémunération globale (fixe + variable éventuelle) telle que définie dans l’accord.
Les salariés à temps partiel ont, eux aussi, droit au maintien de salaire prévu par la convention, mais au prorata de leur temps de travail. Les durées (90 jours, 120 jours, etc.) restent les mêmes, mais les montants sont calculés sur leur salaire à temps partiel.
Enfin, certaines conventions prévoient des règles spécifiques selon la catégorie (employés, techniciens, agents de maîtrise, cadres) avec des durées et des pourcentages différents. Dans l’édition, par exemple, les cadres peuvent bénéficier de plusieurs mois d’indemnisation à 100 %, là où les employés ont des plafonds plus courts.
En résumé, pour viser 100 % de salaire, votre convention collective et vos accords d’entreprise sont souvent votre meilleur allié… à condition de les lire attentivement.
Pour qu’un arrêt maladie ne fasse pas exploser votre budget, la prévoyance arrêt de travail est votre meilleure alliée. L’idée est simple : la Sécurité sociale verse des IJ plafonnées, l’employeur complète parfois, et la prévoyance vient combler (en tout ou partie) le trou restant jusqu’à un certain pourcentage de votre salaire.
Dans votre contrat, traquez en priorité :
Un bon contrat de prévoyance arrêt de travail doit clairement indiquer comment il se combine avec les IJ de la Sécurité sociale et le complément employeur, pour que vous sachiez à quel niveau de revenu vous pouvez réellement prétendre.
Dans la plupart des régimes, la prévoyance n’intervient pas dès le premier jour. Elle prend le relais après une période de franchise, souvent calée sur la fin du maintien de salaire légal ou conventionnel.
Schématiquement :
Plus la franchise est longue, moins la cotisation est chère… mais plus vous êtes exposé en cas d’arrêt long. L’enjeu est donc de choisir un délai compatible avec votre épargne de précaution : si vous n’avez pas de matelas financier, une franchise de 90 jours peut être très risquée.
Si votre employeur ne propose aucun régime de prévoyance ou seulement un socle très faible, vous n’êtes pas condamné à subir une grosse chute de revenus, mais il faut agir en amont.
Trois réflexes utiles :
En résumé, la mutuelle et surtout la prévoyance sont les pièces maîtresses pour viser jusqu’à 100 % de votre salaire pendant un arrêt maladie. Plus vous clarifiez vos garanties avant d’être malade, plus vous gardez la main sur vos revenus le jour où l’arrêt tombe.
Anticiper un arrêt maladie, ce n’est pas être pessimiste, c’est être stratégique. Plus vous clarifiez vos garanties en amont, plus vous avez de chances de rester proche de 100 % de salaire si un jour vous devez vous arrêter.
Commencez par vos bulletins de paie. Ils sont une mine d’informations :
Ensuite, récupérez votre contrat de travail et, si possible, votre avenant de classification. Vous y trouverez souvent des mentions sur le maintien de salaire, la convention collective applicable et parfois la référence à un régime de prévoyance obligatoire.
Enfin, connectez-vous à votre portail RH ou intranet. Vous y trouverez généralement :
L’objectif est simple : savoir aujourd’hui qui vous paiera demain (Sécurité sociale, employeur, prévoyance) et à quelles conditions.
Si votre maintien de salaire est faible ou limité dans le temps, vous pouvez agir avant qu’un arrêt maladie n’arrive. Plusieurs leviers existent :
L’idée n’est pas de tout sur-assurer, mais de combler les vrais trous de votre protection, en particulier après plusieurs mois d’arrêt, là où les pertes deviennent lourdes.
Pour vraiment anticiper, rien ne vaut une simulation chiffrée. Prenez votre salaire brut, vos garanties de prévoyance et les règles de maintien de salaire, puis projetez-vous dans quelques scénarios concrets :
Pour chaque scénario, posez-vous trois questions :
Vous pouvez faire ces calculs dans un simple tableur ou sur papier, en restant approximatif mais réaliste. Si vous voyez qu’au bout de 3 ou 6 mois votre revenu chute brutalement, vous savez exactement où concentrer vos efforts de négociation ou de renforcement de garanties.
En résumé, plus vous faites ce travail de diagnostic à froid, plus vous serez serein le jour où un arrêt maladie tombera… et moins votre compte en banque en souffrira.
Les tout premiers jours d’arrêt maladie sont décisifs pour votre indemnisation. Si vous ratez un délai, vous pouvez perdre des indemnités journalières ou retarder le versement.
Dès que le médecin vous prescrit un arrêt de travail :
Entre le 2e et le 3e jour, prenez quelques minutes pour :
Ce petit “rituel” des trois premiers jours sécurise vos droits et évite les mauvaises surprises plusieurs semaines plus tard.
Une fois l’arrêt lancé, l’objectif est de suivre vos flux d’argent comme un mini tableau de bord. L’idée n’est pas de devenir comptable, mais de repérer vite un trou dans la raquette.
Côté indemnités journalières (IJ) :
Côté maintien de salaire :
Gardez une trace écrite de vos vérifications (captures d’écran, notes de dates et montants). En cas de contestation, cela vous donnera des éléments concrets à présenter.
Si quelque chose cloche, ne restez pas seul avec vos questions. Chaque acteur a son rôle, et les solliciter dans le bon ordre fait gagner du temps.
En combinant de bons réflexes administratifs dès le départ et les bons interlocuteurs en cas de blocage, vous maximisez vos chances d’être indemnisé correctement et dans des délais raisonnables.
Sur un arrêt maladie longue durée, le vrai enjeu est la durée maximale des indemnités journalières et la façon dont votre employeur continue (ou non) à compléter. En régime général, les IJ maladie sont aujourd’hui limitées à 360 jours sur une période de 3 ans, sauf affection de longue durée (ALD) qui permet d’aller jusqu’à 3 ans d’indemnisation, mais avec des contrôles médicaux réguliers. Un projet de réforme pour 2026 vise justement à resserrer cette durée autour de 360 jours, y compris pour beaucoup de situations longues, ce qui fragilise les arrêts très prolongés.
Au bout de quelques mois, plusieurs choses peuvent changer pour vous :
Pour rester au plus près de 100 %, il est crucial, dès les premiers mois, de vérifier jusqu’à quelle date vous êtes couvert par le maintien de salaire, puis à partir de quand seule la Sécurité sociale (ou la prévoyance) paiera.
Bonne nouvelle : en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle (AT/MP), le régime est plus protecteur que pour une maladie « classique ».
D’abord, il n’y a pas de délai de carence pour les IJ AT/MP : vous êtes indemnisé dès le 1er jour suivant l’arrêt. Ensuite, le taux d’indemnisation est plus élevé : environ 60 % du salaire journalier de référence jusqu’au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e jour, dans la limite d’un plafond spécifique.
En cas de séquelles, vous pouvez en plus bénéficier d’une rente d’incapacité permanente, dont la réparation a été améliorée par les dernières lois de financement de la Sécurité sociale, pour mieux couvrir aussi l’impact dans votre vie personnelle.
Côté employeur, beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien de salaire plus généreux en AT/MP qu’en maladie simple. Résultat : sur un accident du travail reconnu, vous avez souvent plus de chances de vous rapprocher de 100 % de votre rémunération, surtout si une prévoyance complète encore le dispositif.
Ces profils cumulent souvent risques financiers et règles techniques plus complexes.
Pour un parent isolé, la moindre baisse de revenu pèse immédiatement sur le budget du foyer. Il est donc essentiel de :
Le pluri-employeur doit être encore plus attentif : les IJ sont calculées contrat par contrat, à partir des salaires versés par chaque employeur. Il faut donc que chaque entreprise transmette une attestation de salaire, sinon vous perdez une partie de vos droits.
En CDD ou intérim, les règles légales d’indemnisation par la Sécurité sociale sont les mêmes, mais :
Dans toutes ces situations, le réflexe gagnant consiste à :
Pour vous rapprocher des 100 % de salaire en cas d’arrêt maladie, tout commence… sur votre fiche de paie. Prenez l’habitude de vérifier, au moins une fois par an :
En parallèle, regardez vos notifications de remboursement de la Sécurité sociale et de la complémentaire santé lors d’un arrêt passé, même court. Vous voyez tout de suite si les IJ ont été versées, si l’employeur a pratiqué la subrogation et si le total se rapproche bien de votre salaire habituel, surtout depuis la baisse du plafond des IJ au 1er avril 2025 (plafond ramené à 1,4 Smic).
Un dernier réflexe puissant : conservez dans un dossier (papier ou numérique) vos arrêts, décomptes d’IJ, bulletins de paie correspondants et relevés de la prévoyance. En cas de litige, vous avez tout sous la main.
Avant de dire oui à un nouvel employeur, ne regardez pas seulement le salaire brut. Posez des questions précises sur l’indemnisation en cas d’arrêt maladie :
Demandez, si possible, un extrait de la notice de prévoyance et le nom de la convention collective. Ce n’est pas indiscret, c’est stratégique. Deux offres avec le même salaire brut peuvent donner des situations très différentes en cas de maladie de plusieurs semaines.
Depuis 2025, les règles d’indemnisation des arrêts maladie bougent vite, notamment avec l’abaissement du plafond des IJ et les projets de nouvelles économies d’ici 2027. Pour ne pas découvrir une réforme au moment où vous tombez malade, gardez quelques réflexes simples :
En 2026, celui qui suit un minimum l’actualité sociale et relit ses garanties une fois par an a une longueur d’avance pour rester au plus près des 100 % de salaire quand un arrêt tombe.
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