Vous envisagez de vous lancer comme indépendant et vous vous demandez comment créer une micro-entreprise en 2026 ? Bonne nouvelle, les démarches restent accessibles et largement dématérialisées. Que vous soyez freelance dans le numérique, artisan du bâtiment, futur consultant ou étudiant souhaitant développer une activité en parallèle, le régime de la micro-entreprise offre un cadre fiscal et social simplifié pour démarrer rapidement. Mais entre les nouveaux plafonds de chiffre d'affaires, la réforme de l'ACRE qui réduit l'exonération de cotisations dès juillet 2026 et la facturation électronique qui se profile, il est essentiel de connaître chaque étape avant de se lancer. Ce guide vous accompagne depuis la vérification de votre éligibilité jusqu'à l'obtention de votre numéro SIRET, en passant par le coût réel de création, les pièces justificatives à préparer et la checklist complète des actions à mener après l'immatriculation.
Créer une micro-entreprise en 2026 se fait entièrement en ligne, gratuitement, sur le guichet unique des formalités opéré par l'INPI. Il suffit de vérifier son éligibilité, de rassembler ses pièces justificatives (pièce d'identité, justificatif de domicile, déclaration de non-condamnation), puis de remplir le formulaire de déclaration de début d'activité. Le numéro SIRET est généralement attribué sous une à quatre semaines. L'ACRE permet de bénéficier de cotisations réduites la première année, mais attention, son taux d'exonération passe de 50 % à 25 % pour toute création intervenant à compter du premier juillet 2026.
La micro-entreprise est une forme simplifiée de l'entreprise individuelle. Elle permet d'exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale en nom propre, sans créer de personne morale distincte. Concrètement, le micro-entrepreneur et son entreprise ne forment qu'une seule et même entité juridique, mais depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel sont automatiquement séparés. Cette protection signifie que vos biens personnels ne peuvent pas être saisis pour rembourser vos dettes professionnelles, sauf en cas de fraude avérée.
Ce régime est parfois encore appelé auto-entreprise, bien que cette appellation ait officiellement été remplacée. Dans les faits, les deux termes désignent exactement la même chose et sont utilisés indifféremment par les administrations, les banques et les professionnels. Le principal avantage de la micro-entreprise réside dans sa gestion allégée. Pas de bilan comptable à produire, pas de capital social à déposer, pas de statuts à rédiger. Les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires réellement encaissé, ce qui signifie que si vous ne facturez rien un mois donné, vous ne payez rien.
Pour bénéficier du régime micro-fiscal et micro-social en 2026, votre chiffre d'affaires annuel hors taxes ne doit pas dépasser certains seuils revalorisés au premier janvier 2026. Pour les activités de vente de marchandises, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ainsi que pour les prestations d'hébergement, le plafond est fixé à 203 100 euros. Pour les prestations de services commerciales, artisanales ou libérales, il s'établit à 83 600 euros. Si vous exercez une activité mixte combinant vente et prestation de services, le chiffre d'affaires global ne doit pas excéder 203 100 euros, dont 83 600 euros maximum pour la partie services. Ces plafonds resteront en vigueur pour la période triennale 2026, 2027 et 2028.
Presque toutes les activités peuvent être exercées sous le régime de la micro-entreprise. On distingue trois grandes catégories. Les activités d'achat-revente de marchandises relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Les prestations de services commerciales ou artisanales, comme la plomberie, la coiffure ou le graphisme, relèvent également des BIC. Enfin, les activités libérales réglementées ou non réglementées, comme le conseil, la formation ou la traduction, relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC).
Certaines activités sont cependant exclues de ce régime. C'est le cas des professions juridiques et judiciaires, de l'expertise comptable, des professions de santé (médecin, infirmier, pharmacien), des activités agricoles rattachées à la MSA et des activités relevant de la TVA immobilière. D'autres activités sont réglementées et nécessitent des diplômes ou qualifications spécifiques avant de pouvoir être exercées, comme les métiers du bâtiment, de la coiffure ou de l'esthétique.
Les taux de cotisations sociales applicables en 2026 varient selon la nature de l'activité exercée. Pour les activités d'achat-revente et assimilées, le taux s'élève à 12,30 % du chiffre d'affaires. Pour les prestations de services commerciales et artisanales, il est de 21,20 %. Pour les professions libérales affiliées à la CIPAV (architectes, psychologues, ingénieurs-conseils notamment), le taux est de 23,20 %. Enfin, pour les professions libérales non réglementées affiliées au régime général de la Sécurité sociale des indépendants, le taux atteint désormais 25,60 %, contre 24,60 % en 2025. Cette augmentation d'un point concerne notamment les consultants, les formateurs, les développeurs web et les rédacteurs indépendants.
À ces cotisations s'ajoutent la contribution à la formation professionnelle (entre 0,10 % et 0,30 % selon l'activité) et, pour ceux qui ont opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, un pourcentage supplémentaire variant de 1 % à 2,20 % du chiffre d'affaires.
Avant toute démarche administrative, il convient de s'assurer que vous pouvez effectivement devenir micro-entrepreneur. Les conditions sont peu restrictives. Il faut être majeur ou mineur émancipé, ne pas faire l'objet d'une interdiction de gérer et disposer d'une adresse en France pour domicilier l'entreprise. Il est tout à fait possible de cumuler le statut de micro-entrepreneur avec une autre situation professionnelle ou personnelle. Un salarié peut exercer une activité indépendante en parallèle de son contrat de travail, à condition que son employeur ne l'interdise pas et qu'il respecte son obligation de loyauté. Un demandeur d'emploi peut se lancer tout en conservant ses allocations, recalculées chaque mois par France Travail en fonction des revenus déclarés. Les étudiants, les retraités et les bénéficiaires du RSA peuvent également créer leur micro-entreprise.
Vérifiez aussi que l'activité envisagée est compatible avec le régime micro. Si elle est réglementée, rassemblez en amont les diplômes, certificats ou autorisations nécessaires. Un électricien devra justifier d'une qualification professionnelle, un VTC devra obtenir une autorisation de la DREAL, un agent immobilier devra disposer de sa carte professionnelle.
Une fois l'éligibilité confirmée, il faut rassembler les pièces justificatives demandées lors de la déclaration en ligne. Le dossier de base comprend une pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité ou passeport), recto verso. Un justificatif de domiciliation de l'entreprise est également requis. Si vous exercez depuis votre domicile, une facture d'énergie de moins de trois mois ou une attestation d'hébergement signée par l'hébergeant suffisent. Si vous disposez d'un local professionnel, le bail commercial ou un contrat de domiciliation fera l'affaire.
Vous devez également fournir une déclaration sur l'honneur de non-condamnation, datée et signée, accompagnée d'une attestation de filiation mentionnant les noms et prénoms de vos parents. Pour les activités réglementées, ajoutez une copie du diplôme ou du titre requis. Les artisans doivent remplir le formulaire JQPA (justification de qualification professionnelle artisanale). Les agents commerciaux doivent joindre leur contrat d'agent commercial.
Si vous êtes éligible à l'ACRE, préparez également votre demande et les justificatifs correspondants. Depuis la réforme de 2026, le formulaire simplifié est disponible sur le site de l'URSSAF et doit être déposé dans les 60 jours suivant la date de début d'activité. Passé ce délai, l'aide est définitivement perdue.
Toutes les formalités de création passent désormais par une plateforme unique, le guichet des formalités des entreprises opéré par l'INPI. L'adresse est formalites.entreprises.gouv.fr. Vous pouvez vous y connecter via FranceConnect, ce qui sécurise la procédure et simplifie l'identification.
Le parcours de déclaration se déroule en plusieurs écrans successifs. Vous commencez par indiquer la nature de votre formalité (création d'entreprise individuelle), puis vous renseignez votre état civil, votre adresse personnelle, l'adresse de domiciliation de l'entreprise, la description précise de votre activité et la date souhaitée de début d'activité. Vous indiquez également si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu et si vous souhaitez déclarer votre chiffre d'affaires mensuellement ou trimestriellement.
L'étape suivante consiste à téléverser vos pièces justificatives dans l'espace dédié. Assurez-vous que les documents sont lisibles, au bon format et conformes aux exigences indiquées. Un dossier incomplet ou comportant des pièces illisibles sera rejeté, ce qui allongera considérablement les délais de traitement.
Une fois le formulaire validé et les pièces envoyées, le guichet unique transmet automatiquement votre dossier aux organismes compétents, notamment l'INSEE pour l'attribution du SIRET, l'URSSAF pour l'affiliation sociale et la direction régionale des finances publiques pour les aspects fiscaux.
Après le dépôt de votre dossier, comptez en moyenne une à quatre semaines pour recevoir votre certificat d'inscription au répertoire SIRENE délivré par l'INSEE. Ce document contient votre numéro SIREN (neuf chiffres identifiant votre entreprise), votre numéro SIRET (quatorze chiffres identifiant votre établissement) et votre code APE qui désigne votre activité principale. Conservez ce courrier précieusement, il vous sera demandé par vos clients, votre banque et vos partenaires.
Si vous exercez une activité commerciale, vous serez automatiquement inscrit au Registre du commerce et des sociétés (RCS) et au Registre national des entreprises (RNE). Pour les autres activités, l'inscription au RNE seul suffit. Les agents commerciaux devront par ailleurs s'inscrire au Registre spécial des agents commerciaux (RSAC), moyennant des frais d'environ 24 euros.
Quelques semaines après la réception du SIRET, vous recevrez également une notification d'affiliation à la Sécurité sociale des indépendants confirmant votre rattachement à la CPAM pour vos prestations de santé.
Développeur, graphiste, rédacteur, community manager. Votre activité relève généralement des BNC non réglementés. Le taux de cotisations applicable en 2026 est de 25,60 %. Aucun diplôme spécifique n'est requis pour la création, mais une assurance responsabilité civile professionnelle est fortement recommandée, surtout si vous travaillez pour des clients importants. Votre outil de travail principal étant un ordinateur, les frais de lancement restent limités. Pensez à choisir un nom commercial distinctif pour votre activité et à le déposer si vous souhaitez le protéger.
Plombier, électricien, peintre, menuisier. Votre activité relève des prestations de services artisanales (BIC) avec un taux de cotisations de 21,20 %. Vous devez obligatoirement justifier d'un diplôme (CAP, BEP, titre équivalent) ou d'une expérience professionnelle d'au moins trois ans dans le métier. L'assurance décennale est incontournable pour les métiers du gros oeuvre et du second oeuvre. Son coût varie considérablement selon votre spécialité, comptez entre 80 et 300 euros par mois en moyenne. Le formulaire JQPA devra être joint à votre dossier de création.
Si vous êtes salarié en CDI, fonctionnaire ou retraité, vous pouvez créer votre micro-entreprise en parallèle. Vérifiez simplement que votre contrat de travail ne contient pas de clause d'exclusivité ou de non-concurrence incompatible avec l'activité envisagée. Les fonctionnaires doivent obtenir une autorisation préalable de leur hiérarchie pour cumuler un emploi public et une activité indépendante. Les retraités n'ont pas de restriction particulière, mais les revenus tirés de la micro-entreprise peuvent être soumis à cotisations sociales sans ouvrir de droits supplémentaires à la retraite si certains plafonds sont dépassés.
Le régime de la micro-entreprise est particulièrement adapté aux étudiants souhaitant valoriser une compétence (cours particuliers, développement web, photographie). La création est gratuite, les cotisations ne sont dues que si vous réalisez du chiffre d'affaires, et le régime ne vous fait pas perdre le bénéfice de la couverture santé étudiante. Pensez néanmoins à vérifier l'impact éventuel sur vos bourses ou aides sociales, car les revenus de la micro-entreprise entrent dans le calcul du revenu fiscal de référence.
La création d'une micro-entreprise via le guichet unique est totalement gratuite dans la grande majorité des cas. Aucun capital social n'est à déposer, aucun droit d'enregistrement n'est à régler. La seule exception concerne les agents commerciaux, qui doivent s'acquitter de frais d'inscription au RSAC d'environ 24 euros.
Cependant, certains frais annexes accompagnent souvent le lancement de l'activité. Si votre métier l'exige ou si vous le jugez prudent, une assurance responsabilité civile professionnelle représente un budget mensuel de 10 à 40 euros pour les activités de services, et nettement plus pour les métiers du bâtiment. Si vous ne pouvez pas domicilier votre entreprise chez vous, une domiciliation commerciale coûte entre 10 et 60 euros par mois. Enfin, un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle devient obligatoire dès que votre chiffre d'affaires dépasse 10 000 euros pendant deux années consécutives. Plusieurs néobanques proposent des comptes professionnels à partir de zéro euro par mois pour les fonctionnalités de base.
Si vous choisissez de faire appel à un intermédiaire pour vous accompagner dans les démarches de création, les tarifs varient entre 30 et 150 euros selon le prestataire et la complexité de votre situation. Ce recours est facultatif puisque la procédure est conçue pour être réalisée en toute autonomie sur le guichet unique.
L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) permet de bénéficier d'une réduction temporaire de cotisations sociales pendant les premiers mois d'activité. En 2026, cette aide connaît une évolution majeure qui impacte directement les créateurs de micro-entreprise.
Pour toute micro-entreprise créée avant le premier juillet 2026, l'exonération reste à 50 % du taux normal de cotisations. Cela signifie que vous payez la moitié des cotisations habituelles pendant toute la durée de l'exonération, soit jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant votre date de début d'activité. En revanche, pour toute création intervenant à compter du premier juillet 2026, l'exonération tombe à 25 %. Vous paierez alors 75 % du taux normal au lieu de 50 %, soit un avantage divisé par deux.
Pour illustrer l'impact concret, prenons l'exemple d'un consultant indépendant en prestation de services BNC non CIPAV. Son taux normal de cotisations est de 25,60 %. Avec l'ACRE avant juillet 2026, il ne paie que 12,80 %. Après juillet 2026, il paiera 19,20 %. Sur un chiffre d'affaires de 30 000 euros la première année, la différence représente environ 1 920 euros de cotisations supplémentaires.
L'ACRE n'est pas automatique. Elle est réservée à certains profils, notamment les demandeurs d'emploi indemnisés ou non, les bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, les jeunes de moins de 26 ans, les créateurs en zone France Ruralités Revitalisation et les personnes reprenant une entreprise en difficulté. La demande doit être déposée auprès de l'URSSAF dans un délai strict de 60 jours après la date d'ouverture de l'activité figurant sur le justificatif de création. En l'absence de réponse dans les 30 jours, l'aide est considérée comme accordée. Pour connaître l'ensemble des conditions et effectuer votre demande, consultez la fiche dédiée à l'ACRE sur Service-Public.fr.
Facturer avant d'avoir reçu son SIRET est l'une des erreurs les plus courantes chez les créateurs pressés de démarrer. Toute facture émise sans numéro SIRET est juridiquement invalide. Vous devez impérativement attendre la réception de votre certificat d'inscription au répertoire SIRENE avant d'éditer le moindre document commercial.
Négliger le délai de demande d'ACRE constitue une autre erreur coûteuse. De nombreux créateurs pensent pouvoir faire la demande plus tard et se retrouvent hors délai. Le compteur de 60 jours court dès la date de début d'activité déclarée, pas à partir de la réception du SIRET.
Confondre SIREN et SIRET prête régulièrement à confusion. Le SIREN est le numéro d'identification de votre entreprise (neuf chiffres). Le SIRET identifie votre établissement (quatorze chiffres, soit le SIREN suivi du NIC). Sur vos devis et factures, c'est le SIRET complet qui doit figurer.
Oublier de créer ses espaces en ligne après l'immatriculation est une erreur administrative qui peut entraîner des complications. Vous devez vous inscrire sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr pour déclarer votre chiffre d'affaires et payer vos cotisations, et créer un espace professionnel sur impots.gouv.fr pour gérer la CFE et la TVA le cas échéant. Sans ces comptes, vous ne pourrez pas remplir vos obligations déclaratives dans les temps.
Payer des frais inutiles à un site non officiel est un piège fréquent. De nombreuses plateformes commerciales se positionnent sur les requêtes liées à la création de micro-entreprise et facturent plusieurs dizaines d'euros pour des démarches entièrement gratuites sur le guichet unique de l'INPI. Avant de payer quoi que ce soit, vérifiez toujours que vous êtes bien sur le site officiel formalites.entreprises.gouv.fr.
Se tromper dans le choix de la catégorie d'activité peut avoir des conséquences sur votre taux de cotisations, votre plafond de chiffre d'affaires et vos obligations en matière de qualification. Si vous hésitez entre BIC et BNC, prenez le temps de vérifier auprès de l'URSSAF ou de la chambre de commerce avant de valider votre déclaration.
Créer sa micro-entreprise en autonomie sur le guichet unique ne coûte rien et reste à la portée de la plupart des entrepreneurs. La plateforme est conçue pour guider le déclarant étape par étape, avec des formulaires en ligne intelligents qui s'adaptent à votre situation. L'inconvénient est qu'en cas d'erreur dans le dossier, le rejet peut allonger les délais de plusieurs semaines. Il faut aussi être suffisamment à l'aise avec les démarches administratives en ligne et savoir identifier les pièces justificatives adaptées à sa situation.
Se faire accompagner par un prestataire spécialisé permet de déléguer la constitution du dossier et la vérification des pièces. Plusieurs acteurs proposent ce service, pour un coût allant de 30 à 150 euros selon le type d'activité et le niveau d'accompagnement. Cette option est particulièrement pertinente si votre activité est réglementée, si vous êtes agent commercial ou si vous cumulez plusieurs situations professionnelles nécessitant des vérifications spécifiques.
Dans tous les cas, les documents administratifs dont vous aurez besoin dès le démarrage de votre activité (devis, factures, conditions générales de vente) peuvent être créés gratuitement grâce à des outils en ligne comme Mon Devis Facile, qui permet de générer des devis et factures conformes sans inscription et sans frais.
Sophie, 28 ans, est salariée dans une agence de communication. Elle souhaite lancer une activité de graphiste freelance en complément de son emploi. Voici comment se déroule sa création en mars 2026.
Elle commence par vérifier que son contrat de travail ne contient pas de clause de non-concurrence directe avec l'activité de graphisme indépendant. Son employeur n'y voit pas d'objection.
Elle rassemble ses documents : carte d'identité recto verso, facture d'électricité de février 2026 pour justifier son adresse, déclaration de non-condamnation rédigée et signée, et attestation de filiation. Son activité de graphiste ne nécessite pas de diplôme spécifique ni d'autorisation préalable.
Elle se connecte sur formalites.entreprises.gouv.fr via FranceConnect, sélectionne la création d'une entreprise individuelle, remplit le formulaire en indiquant la nature BNC de son activité (création graphique), choisit une déclaration trimestrielle de chiffre d'affaires et opte pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (son revenu fiscal de référence le lui permet).
Elle téléverse ses pièces justificatives et valide le dossier. Trois semaines plus tard, elle reçoit son certificat SIRENE avec son numéro SIRET et son code APE. Elle crée alors son compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr et son espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Sophie étant demandeuse d'emploi inscrite à France Travail en parallèle de son CDI (suite à une rupture conventionnelle prévue pour mai), elle pourra bénéficier de l'ACRE à 50 % de réduction puisqu'elle crée avant le premier juillet 2026. Son taux de cotisations passe ainsi de 25,60 % à 12,80 % pendant les premiers trimestres d'activité. Sur un chiffre d'affaires prévisionnel de 15 000 euros la première année, elle économise environ 1 920 euros de cotisations.
La réception du SIRET ne marque pas la fin des démarches. Plusieurs actions restent indispensables dans les semaines suivantes. Vous devez créer votre compte sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr, ce qui n'est possible qu'environ trois à quatre semaines après l'immatriculation. C'est sur cette plateforme que vous déclarerez votre chiffre d'affaires (même nul) chaque mois ou chaque trimestre. Vous devez créer votre espace professionnel sur impots.gouv.fr pour gérer la cotisation foncière des entreprises (CFE) et, si vous devenez redevable de la TVA, vos déclarations de TVA. Vous bénéficiez d'une exonération de CFE la première année civile d'activité.
Préparez vos premiers documents commerciaux conformes. Vos devis et factures doivent obligatoirement mentionner votre raison sociale, votre adresse, votre numéro SIRET, la description détaillée des prestations, les montants HT et TTC, et la mention de TVA applicable ou la mention de franchise en base de TVA si vous n'en êtes pas redevable. Anticipez également la facturation électronique : dès septembre 2026, vous devrez être en mesure de recevoir des factures au format électronique si vos fournisseurs y sont soumis. L'obligation d'émettre vos propres factures électroniques n'interviendra pour les micro-entrepreneurs qu'en septembre 2027.
Enfin, si votre chiffre d'affaires reste à zéro euro pendant 24 mois civils consécutifs (ou huit trimestres), votre micro-entreprise sera automatiquement radiée. Il est donc important de déclarer régulièrement, même en l'absence de revenus. Pour retrouver l'ensemble des obligations déclaratives et les taux de cotisations à jour sur le site officiel du Ministère de l'Économie, pensez à le consulter régulièrement.
Peut-on créer une micro-entreprise gratuitement en 2026 ?
Oui, la création via le guichet unique de l'INPI est entièrement gratuite pour la quasi-totalité des activités. Seuls les agents commerciaux doivent payer des frais d'inscription au RSAC d'environ 24 euros. Méfiez-vous des sites commerciaux qui facturent des démarches réalisables sans frais sur le portail officiel.
Combien de temps faut-il pour obtenir son SIRET ?
Le délai moyen varie d'une à quatre semaines après le dépôt complet du dossier sur le guichet unique. Ce délai dépend de la charge de traitement des organismes, de la localisation géographique et surtout de la complétude du dossier. Un dossier incomplet ou comportant des erreurs sera rejeté et le délai recommencera à zéro.
Que risque-t-on si on facture avant d'avoir son SIRET ?
Toute facture émise sans numéro SIRET est juridiquement invalide. En cas de contrôle ou de litige avec un client, le document n'aura aucune valeur probante. Il vaut mieux patienter quelques semaines et démarrer la facturation une fois l'immatriculation effective.
Est-ce obligatoire d'ouvrir un compte bancaire professionnel ?
Un compte bancaire dédié à l'activité professionnelle devient obligatoire dès que votre chiffre d'affaires dépasse 10 000 euros pendant deux années consécutives. Il n'est pas nécessaire que ce soit un compte professionnel à proprement parler, un compte courant séparé suffit, mais en pratique, de nombreuses banques classiques refusent d'ouvrir un second compte courant aux indépendants.
L'ACRE est-elle automatique ?
Non. Contrairement à ce que beaucoup de créateurs pensent, l'ACRE nécessite une demande explicite auprès de l'URSSAF. Vous devez remplir le formulaire dédié et le transmettre avec les justificatifs d'éligibilité dans un délai de 60 jours suivant votre date de début d'activité. L'URSSAF dispose ensuite de 30 jours pour répondre. Sans réponse dans ce délai, l'aide est réputée accordée.
Quand faut-il créer sa micro-entreprise pour maximiser l'ACRE ?
Il est conseillé de créer en début de trimestre civil (janvier, avril, juillet ou octobre) pour profiter au maximum de la durée d'exonération. Si vous créez avant le premier juillet 2026, vous bénéficierez encore du taux d'exonération à 50 %. Après cette date, le taux passe à 25 %. Créer début janvier reste le choix optimal car cela permet aussi de profiter d'une année complète d'exonération de CFE.
La micro-entreprise est-elle soumise à la TVA ?
En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 37 500 euros pour les prestations de services ou 85 000 euros pour les activités de vente. En dessous de ces seuils, vous ne facturez pas la TVA et ne la récupérez pas non plus sur vos achats. En cas de dépassement, les règles de transition dépendent des seuils majorés (41 250 euros pour les services et 93 500 euros pour la vente).
Peut-on cumuler micro-entreprise et allocations chômage ?
Oui. France Travail recalcule chaque mois vos allocations (ARE) en fonction de vos revenus de micro-entrepreneur. Vous pouvez également opter pour l'ARCE, qui consiste à percevoir 60 % de vos droits restants sous forme de capital versé en deux fois, pour financer votre lancement.
Quelles sont les obligations comptables en micro-entreprise ?
La comptabilité est allégée. Vous devez tenir un livre des recettes mentionnant chronologiquement toutes les sommes encaissées, et un registre des achats si vous exercez une activité de vente. Aucun bilan ni compte de résultat n'est exigé. En revanche, la conservation de l'ensemble des factures émises et reçues est obligatoire pendant dix ans.
La facturation électronique concerne-t-elle les micro-entrepreneurs ?
Oui. Dès septembre 2026, les micro-entrepreneurs devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. L'obligation d'émettre des factures au format électronique interviendra à partir de septembre 2027. Il est recommandé de se préparer dès maintenant en choisissant un outil de facturation compatible avec les nouvelles normes.
La création d'une micro-entreprise en 2026 reste une démarche simple, gratuite et entièrement en ligne via le guichet unique de l'INPI. Les plafonds de chiffre d'affaires sont revalorisés à 203 100 euros pour la vente et 83 600 euros pour les services. L'ACRE subit un changement majeur avec une exonération réduite de 50 % à 25 % à partir du premier juillet 2026, ce qui rend la date de création stratégique. Les taux de cotisations des professions libérales non réglementées augmentent d'un point, passant à 25,60 %. Le délai d'obtention du SIRET varie d'une à quatre semaines selon la complétude du dossier. La facturation électronique arrive en deux temps, réception en septembre 2026 et émission en septembre 2027 pour les micro-entrepreneurs.
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