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Facturation

Numérotation de facture obligations légales et pièges à éviter

17.12.2025
Par
Arthur Lambert
Nos articles vous aident à simplifier la gestion de votre entreprise et gagner du temps.

La numérotation de facture répond à des règles strictes : chaque document doit comporter un numéro unique, attribué selon une séquence chronologique et continue, sans trou ni doublon. Ces exigences, issues principalement du Code général des impôts et du Code de commerce, sécurisent la comptabilité et facilitent les contrôles fiscaux.

En pratique, l’entreprise reste libre de choisir son format (simple compteur, préfixe avec année, séquence par série ou par activité), à condition de garantir une suite logique et ininterrompue. Bien définir dès le départ ses règles de numérotation de facture permet de structurer ses factures, d’éviter les erreurs coûteuses et de prouver facilement la traçabilité de chaque numérotation de facture.

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Pourquoi la numérotation des factures est encadrée par la loi

La numérotation des factures n’est pas un simple détail de mise en page. En France, elle est strictement encadrée, car elle permet à l’administration fiscale de suivre les opérations soumises à la TVA, de détecter les omissions de facturation et de lutter contre la fraude. Une facture sans numéro, ou avec une numérotation incohérente, est immédiatement suspecte et peut remettre en cause la fiabilité de toute la comptabilité.

À quoi sert le numéro de facture pour l’administration fiscale

Pour l’administration fiscale, le numéro de facture est un identifiant unique qui rattache chaque opération à une écriture comptable et à une déclaration de TVA.

Concrètement, ce numéro permet de :

  • vérifier qu’aucune facture n’a été « oubliée » entre deux numéros successifs
  • recouper les informations entre le vendeur et l’acheteur (contrôle croisé de TVA)
  • reconstituer la chronologie des ventes et prestations en cas de contrôle
  • s’assurer que les factures annulées ou rectifiées l’ont été de manière régulière.

Le Bulletin officiel des finances publiques précise que la facture doit comporter un « numéro unique basé sur une séquence chronologique et continue ». Cette exigence vise explicitement la coopération administrative entre États membres de l’Union européenne et la lutte contre la fraude à la TVA.

Sans cette numérotation rigoureuse, il serait beaucoup plus difficile de démontrer que toutes les opérations ont bien été facturées et déclarées.

Textes de référence et champ d’application (France, entreprises assujetties à la TVA)

Plusieurs textes encadrent la numérotation des factures pour les entreprises françaises assujetties à la TVA :

  • Article 289 du Code général des impôts (CGI) : il impose l’émission d’une facture pour les opérations taxables et renvoie aux règles de contenu fixées par l’annexe II.
  • Article 242 nonies A de l’annexe II au CGI : il prévoit que les factures doivent être datées et numérotées, et que le numéro doit être unique, fondé sur une séquence chronologique et continue.
  • BOFiP TVA – BOI‑TVA‑DECLA‑30‑20‑20‑10 : il commente ces dispositions et détaille les modalités pratiques de numérotation (séries distinctes, continuité, unicité).
  • Article L441‑9 du Code de commerce : il fixe les mentions obligatoires de la facture dans les relations commerciales, en complément des règles fiscales, et prévoit des sanctions administratives en cas de manquement.

Ces règles s’appliquent à tous les assujettis à la TVA établis en France pour leurs opérations situées en France au sens du CGI, qu’il s’agisse de sociétés, d’entreprises individuelles ou de micro‑entrepreneurs dès lors qu’ils émettent des factures.

Quelles sont les règles légales pour numéroter ses factures

Obligation d’une séquence chronologique continue

En France, la numérotation des factures doit suivre une séquence chronologique continue, sans rupture apparente. Chaque facture émise reçoit un numéro unique qui s’inscrit dans un ordre logique au fil du temps.

Concrètement, cela signifie que les numéros doivent se suivre selon une progression régulière, par exemple 2025‑001, 2025‑002, 2025‑003, etc. L’administration fiscale doit pouvoir vérifier, à partir de cette séquence, qu’aucune facture n’a été omise, dissimulée ou ajoutée a posteriori.

Cette continuité ne concerne pas seulement la date d’émission, mais surtout la cohérence globale de la suite de numéros. Une facture datée du 10 janvier ne peut pas, en principe, porter un numéro inférieur à une facture datée du 5 janvier si elles appartiennent à la même série. L’objectif est de garantir la traçabilité des opérations et l’intégrité de la comptabilité.

Interdiction de modifier ou de réutiliser un numéro déjà attribué

Une fois qu’un numéro de facture a été attribué et que le document a été émis, il ne peut plus être modifié ni réutilisé. Même en cas d’erreur de saisie, de changement de client ou de montant, la facture initiale doit rester dans la séquence.

Si une facture comporte une erreur, la bonne pratique consiste à :

  • l’annuler par un avoir ou un document de correction clairement identifié,
  • puis émettre une nouvelle facture avec un nouveau numéro, qui poursuit la séquence.

Supprimer une facture, écraser un numéro ou réattribuer un numéro déjà utilisé à un autre client est considéré comme une atteinte à la fiabilité de la facturation. En cas de contrôle, ce type de manipulation peut être interprété comme une tentative de dissimulation de chiffre d’affaires.

Gestion des séries distinctes (par établissement, par activité, par année)

La loi autorise l’utilisation de plusieurs séries de numérotation, à condition que cette organisation soit cohérente, documentée et appliquée de manière constante. Chaque série doit, en elle‑même, respecter la règle de la séquence chronologique continue.

Il est ainsi possible de créer des séries distinctes :

  • par établissement (exemple : PAR‑2025‑001 pour Paris, LYO‑2025‑001 pour Lyon),
  • par activité (B2B / B2C, prestations de services / ventes de marchandises),
  • ou par période (série annuelle qui redémarre chaque 1er janvier).

L’important est que, pour chaque série, les numéros ne se chevauchent pas et ne se répètent pas. L’entreprise doit être capable d’expliquer clairement sa logique de numérotation et de démontrer que toutes les factures d’une série donnée sont présentes, dans l’ordre, sans trou injustifié. Cette structuration facilite à la fois le suivi interne et les contrôles fiscaux.

Comment choisir un format de numérotation conforme et pratique

Choisir un format de numérotation de facture revient à trouver un équilibre entre conformité légale, lisibilité et simplicité au quotidien. La loi française impose une numérotation unique, chronologique et continue, mais laisse une grande liberté sur la forme du numéro. L’objectif est donc de définir une structure stable, compréhensible par tous dans l’entreprise et facile à exploiter en cas de contrôle ou d’export comptable.

Un bon format de numérotation doit permettre, d’un simple coup d’œil, d’identifier la facture, de la retrouver rapidement et de la replacer dans le temps. Il doit aussi rester réaliste à gérer sur plusieurs années, même si l’activité se développe, que de nouveaux établissements s’ouvrent ou qu’un changement de logiciel intervient.

Exemples de formats de numérotation simples et acceptés

Plus le format de numérotation est simple, plus il est robuste. Quelques exemples courants, conformes et faciles à mettre en œuvre :

  • Numérotation purement séquentielle : 0001, 0002, 0003
  • Séquence avec année : 2025-0001, 2025-0002
  • Séquence avec code d’établissement : PAR-0001, PAR-0002 et LYO-0001 pour un autre site.

Ces formats respectent la continuité et évitent les doublons. L’important est de conserver la même logique dans le temps et de documenter clairement la signification des éléments utilisés (préfixes, séparateurs, nombre de zéros, etc.).

Faut‑il inclure l’année, le mois ou le code client dans le numéro de facture ?

Inclure l’année dans le numéro de facture est souvent très pratique. Un format du type 2025-0123 permet de distinguer immédiatement les séries d’un exercice comptable à l’autre, tout en gardant une séquence continue à l’intérieur de l’année.

Le mois peut aussi être intégré, par exemple 2025-03-0045. Cela facilite le classement mensuel, mais multiplie les séries et complique parfois le suivi si l’on n’est pas rigoureux. Il est donc préférable de ne le faire que si l’organisation interne est bien structurée.

Le code client dans le numéro de facture est, lui, plus discutable. Il peut aider à repérer rapidement un client important, mais il alourdit la numérotation et augmente le risque d’erreur manuelle. Dans la plupart des cas, il est plus sûr de réserver le code client à un autre champ de la facture et de garder un numéro de facture neutre, purement séquentiel.

Différences entre factures, avoirs et factures d’acompte dans la numérotation

Les factures, les avoirs et les factures d’acompte doivent chacun recevoir un numéro unique, intégré dans une séquence cohérente. Plusieurs approches sont possibles, à condition de rester constant :

  • Utiliser une seule séquence pour tous les documents de vente : 2025-0100 (facture), 2025-0101 (avoir), 2025-0102 (acompte).
  • Ou bien créer des séries distinctes, par exemple :
    • Factures : F2025-0001, F2025-0002
    • Avoirs : A2025-0001, A2025-0002
    • Acomptes : AC2025-0001, AC2025-0002

Dans tous les cas, chaque série doit rester chronologique et sans trou. L’usage de préfixes différents pour les avoirs et les factures d’acompte est souvent apprécié, car il permet de les identifier immédiatement tout en respectant les exigences de numérotation.

Numérotation des factures et changement de situation de l’entreprise

Que se passe‑t‑il en cas de changement de statut juridique ou de SIREN

Un changement de statut juridique (entreprise individuelle qui devient société, fusion, scission, apport de fonds de commerce, etc.) ou un changement de SIREN marque, aux yeux de l’administration fiscale française, la naissance d’une nouvelle entité. Cette nouvelle entité doit disposer de sa propre série de numérotation de factures, distincte de l’ancienne.

Concrètement, à la date du changement, on clôt la série en cours et l’on ouvre une nouvelle séquence chronologique continue, avec un préfixe différent si possible pour éviter toute confusion. Par exemple, passer de « EI‑2025‑0012 » à « SARL‑2025‑0001 ». Les anciennes factures restent archivées et doivent être conservées pendant la durée légale, car elles concernent l’ancienne structure.

En cas de changement de SIREN (création d’une nouvelle société, reprise d’activité, transfert de siège impliquant un nouveau SIREN), la logique est la même : nouvelle série, traçable et clairement rattachée au nouveau SIREN. Il est utile de documenter par écrit la date de bascule et la règle adoptée, afin de pouvoir l’expliquer en cas de contrôle.

Comment adapter la numérotation en cas de changement de logiciel de facturation

Changer de logiciel de facturation ne donne pas le droit de « repartir à zéro » comme si l’historique n’existait pas. La règle reste celle d’une numérotation continue, sans rupture artificielle.

Avant la mise en service du nouvel outil, il faut relever le dernier numéro de facture émis dans l’ancien système, puis paramétrer le nouveau logiciel pour qu’il commence au numéro suivant. Si l’outil impose un format différent, on peut en profiter pour ajouter un préfixe (par exemple « 2025‑ » ou « F‑ »), mais la continuité numérique doit être préservée à partir de la date de bascule.

En cas d’impossibilité technique de reprendre exactement la suite (par exemple changement de structure de numéro), il est recommandé de :

  • conserver une table de correspondance entre anciens et nouveaux numéros
  • rédiger une courte note interne expliquant la logique adoptée et la date de mise en œuvre.

L’objectif est que l’administration puisse reconstituer facilement la chronologie complète des factures, quel que soit l’outil utilisé.

Ouvrir une nouvelle série de factures en début d’exercice comptable

Il est admis d’ouvrir une nouvelle série de numérotation à chaque exercice comptable, à condition que la règle soit stable et clairement identifiable. Beaucoup d’entreprises choisissent d’intégrer l’année dans le numéro de facture, ce qui permet de distinguer naturellement les séries : « 2024‑0001 », « 2024‑0002 » puis, au 1er janvier, « 2025‑0001 », etc.

Cette nouvelle série ne doit pas créer de confusion avec les séries précédentes. L’important est que, à l’intérieur d’une même série, les numéros restent strictement chronologiques et sans doublon. Si l’entreprise gère plusieurs séries (par établissement ou par activité), il est utile de prévoir un préfixe différent pour chaque série et de formaliser la règle dans une procédure interne.

Lors de l’ouverture de la nouvelle série, il est prudent de vérifier que :

  • aucune facture de l’exercice précédent ne sera émise avec un numéro de la nouvelle série
  • le logiciel de facturation est correctement paramétré pour démarrer au bon numéro dès la première facture de l’année.

Cette discipline évite les « trous » ou chevauchements de numéros, souvent relevés lors des contrôles fiscaux.

Erreurs fréquentes de numérotation des factures et risques encourus

Numéros en double, trous dans la séquence, factures supprimées : quelles conséquences

Les erreurs de numérotation des factures ne sont pas de simples détails techniques. Pour l’administration fiscale, une séquence de factures doit permettre de reconstituer sans ambiguïté l’historique des ventes.

Un numéro de facture en double crée un doute sur la réalité des opérations : l’administration peut soupçonner une dissimulation de chiffre d’affaires ou, au contraire, une double comptabilisation. En cas de contrôle, il faudra prouver, pièces à l’appui, qu’aucune facture n’a été « cachée » ou émise deux fois pour la même prestation.

Les trous dans la séquence (par exemple passer de F2025‑010 à F2025‑013) sont tout aussi problématiques. Ils laissent penser que des factures ont été supprimées ou non comptabilisées. L’entreprise doit être en mesure d’expliquer chaque « saut » de numérotation, par exemple par l’émission d’une facture annulée mais conservée, ou par un changement de série clairement documenté.

La suppression pure et simple d’une facture déjà émise est particulièrement risquée. Même en cas d’erreur, la facture ne doit pas disparaître : elle doit être conservée et neutralisée par un avoir ou par l’émission d’un nouveau document correctement numéroté, avec une trace claire dans la comptabilité.

En pratique, plus la numérotation est chaotique, plus le risque de redressement augmente, car l’administration peut considérer que la comptabilité n’est pas fiable.

Sanctions possibles en cas de non‑respect des règles de numérotation

Le non‑respect des règles de numérotation des factures peut être sanctionné même en l’absence de fraude avérée. L’administration fiscale peut estimer que la facturation ne respecte pas les obligations formelles et appliquer :

  • des amendes spécifiques par facture irrégulière (facture incomplète, non conforme ou manquante)
  • des pénalités pour manquement aux obligations comptables, si la numérotation rend les contrôles impossibles ou très difficiles
  • en cas de soupçon de dissimulation de recettes, des redressements de TVA et d’impôt sur les bénéfices, assortis de majorations et d’intérêts de retard.

Lorsque les anomalies sont nombreuses (multiples doublons, séries incohérentes, factures introuvables), l’administration peut aller jusqu’à rejeter la comptabilité comme non probante. Elle est alors en droit de reconstituer le chiffre d’affaires sur la base d’indices (moyennes, comparaisons sectorielles, relevés bancaires), ce qui conduit souvent à un redressement important.

Comment régulariser une erreur de numérotation déjà émise au client

Lorsqu’une erreur de numérotation est détectée après émission de la facture, l’objectif est double : ne jamais effacer la trace du document et rendre la séquence à nouveau compréhensible.

La bonne pratique consiste à :

  1. Conserver la facture erronée dans le système, sans la supprimer.
  2. Émettre, si nécessaire, un avoir qui annule le montant de la facture incorrecte, en mentionnant clairement le numéro initial.
  3. Émettre ensuite une nouvelle facture correctement numérotée, avec les bonnes informations, en faisant référence à la facture annulée et à l’avoir.

Si l’erreur porte uniquement sur le numéro (par exemple inversion de chiffres) mais que le montant et le contenu sont exacts, certaines entreprises choisissent de :

  • laisser la facture telle quelle,
  • documenter l’erreur dans un mémo interne ou une note explicative,
  • corriger la numérotation à partir de la facture suivante, sans tenter de « rattraper » le numéro manquant.

En cas de numéro en double, il est préférable de :

  • conserver les deux documents,
  • annuler l’un des deux par un avoir,
  • réémettre, si besoin, une facture avec un nouveau numéro unique, en expliquant clairement la correction.

Enfin, lorsque plusieurs erreurs se sont accumulées, il est utile de rédiger une procédure écrite de numérotation et, si possible, de paramétrer un logiciel qui bloque les doublons et impose une séquence continue. Cela facilitera la justification auprès de l’administration en cas de contrôle ultérieur.

Numérotation et facturation électronique : ce qui change avec l’obligation 2026–2027

Comment le numéro de facture est géré dans les logiciels et plateformes de dématérialisation

Avec la facturation électronique obligatoire à partir du 1er septembre 2026, la numérotation des factures reste soumise aux mêmes règles légales qu’en « papier » : séquence chronologique continue, sans trou ni doublon, et impossibilité de réutiliser un numéro déjà attribué. La réforme ne change pas ces principes, mais elle les rend beaucoup plus visibles, car chaque facture électronique est tracée et horodatée dans les systèmes.

Dans un environnement dématérialisé, le numéro de facture est généralement :

  • généré automatiquement par le logiciel de facturation ou l’ERP,
  • transmis tel quel dans le fichier structuré (Factur‑X, UBL ou CII) envoyé à la plateforme,
  • repris par la plateforme de dématérialisation pour l’acheminer au client et pour les données envoyées à l’administration (e‑invoicing / e‑reporting).

Les plateformes ne renumérotent pas vos factures : elles contrôlent la présence d’un numéro unique, mais la logique de numérotation reste de la responsabilité de l’entreprise. En cas d’anomalie (doublon, format incohérent, champ manquant), la facture peut être rejetée par la plateforme ou par le client, ce qui retarde le paiement.

Que vérifier dans son outil avant le passage à la facture électronique obligatoire

Avant les échéances de 2026–2027, il est utile de passer en revue plusieurs points dans son logiciel de facturation :

  1. Paramétrage de la séquence de numérotation Vérifier que la numérotation est automatique, continue et qu’elle ne peut pas être modifiée manuellement une fois la facture validée. Idéalement, l’outil doit empêcher la création de doublons et bloquer la suppression d’une facture déjà émise.
  2. Gestion des séries de factures S’assurer que le logiciel permet, si besoin, plusieurs séries distinctes (par établissement, par activité, par année civile), tout en conservant une continuité propre à chaque série. Cette logique doit se retrouver dans les données transmises à la plateforme.
  3. Compatibilité avec les formats structurés Confirmer que le numéro de facture est bien mappé dans le champ dédié des formats Factur‑X, UBL ou CII, sans troncature ni caractères non pris en charge.
  4. Traçabilité et journal des modifications Contrôler l’existence d’un historique : qui a créé la facture, quand, et quels changements ont été effectués (annulation, avoir, refacturation). Cette piste d’audit est essentielle en cas de contrôle fiscal.
  5. Synchronisation avec la plateforme choisie Tester le flux complet (émission, dépôt sur la plateforme, réception par un client pilote) pour vérifier que le numéro de facture reste identique tout au long de la chaîne et qu’il apparaît correctement dans les retours de statut.

Cas des factures électroniques et des autres documents (avoirs, proformas, devis)

La réforme vise les factures électroniques et, par extension, les factures d’acompte et les avoirs liés à des opérations entre entreprises assujetties à la TVA et établies en France. Ces documents doivent suivre les mêmes exigences de numérotation continue, avec des séries qui peuvent être séparées (par exemple une série spécifique pour les avoirs), à condition que chaque série reste cohérente et sans rupture.

En pratique :

  • Factures électroniques Elles portent un numéro unique, intégré dans le fichier structuré et transmis via la plateforme. Ce numéro est la référence centrale pour le client, pour l’administration et pour le rapprochement comptable.
  • Avoirs électroniques Ils doivent eux aussi être numérotés dans une séquence propre (ou dans la même séquence que les factures, selon le choix de l’entreprise), et faire clairement référence à la facture initiale annulée ou corrigée. Le lien entre les deux documents est repris dans les données transmises.
  • Factures d’acompte Elles sont de « vraies » factures au regard de la TVA et doivent donc être intégrées dans la numérotation officielle, avec émission au format électronique et transmission via une plateforme.
  • Devis, bons de commande, proformas Ces pièces commerciales ne sont pas des factures au sens de la réforme. Elles peuvent continuer à être numérotées librement dans le logiciel, sans obligation de format structuré ni de transmission via une plateforme. Leur numérotation doit toutefois rester distincte de celle des factures pour éviter toute confusion lors des échanges électroniques et des contrôles.

En résumé, la facturation électronique ne bouleverse pas les règles de numérotation, mais elle impose de les appliquer de façon rigoureuse, car chaque numéro de facture devient un identifiant technique et fiscal partagé entre votre système, la plateforme et l’administration.

Bonnes pratiques pour sécuriser sa numérotation de facture au quotidien

Mettre en place une procédure interne claire de création des numéros

Une numérotation de facture fiable commence par une procédure écrite, même dans une très petite structure. L’idée est que toute personne qui émet une facture sache exactement comment générer le prochain numéro, sans hésitation ni interprétation personnelle.

Il est utile de définir noir sur blanc :

  • le format du numéro de facture (par exemple AAAA‑MM‑XXXX ou FAC‑XXXX),
  • la série utilisée selon le type de document ou d’activité,
  • qui a le droit de créer ou de modifier un brouillon de facture,
  • à quel moment le numéro est attribué (idéalement au moment de la validation définitive).

Cette procédure doit aussi préciser la gestion des cas particuliers : facture annulée, avoir, facture d’acompte, changement d’exercice comptable. Un simple document interne, partagé avec l’équipe comptable ou administrative, suffit souvent à sécuriser la numérotation au quotidien.

Contrôles réguliers pour détecter incohérences et anomalies

Même avec un bon logiciel, des erreurs de numérotation de facture peuvent apparaître : doublons, sauts de numéros, factures restées en brouillon. Des contrôles réguliers permettent de les repérer tôt, avant un contrôle fiscal ou un bilan comptable.

Un rythme mensuel est généralement adapté. Il s’agit de :

  • vérifier la continuité de la séquence pour chaque série de factures,
  • comparer le journal des ventes avec la liste des factures émises,
  • repérer les numéros manquants et comprendre leur origine (brouillon supprimé, facture jamais validée, erreur de saisie),
  • contrôler la cohérence entre la date de facture et son rang dans la numérotation.

Lorsque l’on identifie une anomalie, il est préférable de la documenter immédiatement dans un petit registre interne : numéro concerné, date, explication et correction apportée. En cas de contrôle, cette traçabilité montre la bonne foi et le sérieux de l’entreprise.

Conseils spécifiques pour micro‑entrepreneurs, TPE et indépendants

Les micro‑entrepreneurs, TPE et indépendants disposent souvent de peu de temps et de moyens pour la gestion administrative. Pourtant, la numérotation des factures reste un point sensible pour l’administration fiscale, même en l’absence de TVA ou avec un régime simplifié.

Pour ces structures, quelques réflexes sont particulièrement utiles :

  • adopter un format simple et stable sur plusieurs années, afin d’éviter les changements fréquents difficiles à justifier ;
  • utiliser autant que possible un outil de facturation qui génère automatiquement les numéros de facture dans l’ordre, plutôt qu’un tableur ou un document manuel ;
  • limiter le nombre de séries différentes, sauf vraie nécessité (par exemple une série pour les ventes en ligne et une pour les prestations de service) ;
  • conserver une copie de toutes les factures envoyées, y compris celles émises au format PDF ou via une plateforme, dans un classement chronologique unique.

Enfin, il est prudent de prendre l’habitude de faire un rapide contrôle de la numérotation à chaque fin de mois ou de trimestre. Pour un indépendant, quelques minutes de vérification régulière évitent des explications longues et délicates en cas de contrôle ultérieur.

Que faire en cas de contrôle fiscal portant sur la numérotation des factures

Quels documents préparer pour justifier sa logique de numérotation

Lors d’un contrôle fiscal ciblant la numérotation des factures, l’objectif est de montrer que votre système est cohérent, continu et non manipulé. Il est utile de rassembler en amont :

  • Le registre complet des factures sur la période contrôlée, avec les numéros, dates, montants et clients.
  • Les séries de numérotation utilisées (par exemple une série par établissement ou par année), idéalement décrites dans une courte note interne qui explique votre logique.
  • Les journaux de vente et la comptabilité permettant de faire le lien entre chaque facture et son enregistrement comptable.
  • Les factures d’avoir et d’acompte, pour montrer comment elles s’insèrent dans la séquence de numérotation.
  • Si vous utilisez un logiciel de facturation, les paramètres de numérotation (captures d’écran, manuel interne, export des données).
Plus votre logique de numérotation est documentée noir sur blanc, plus il sera simple de répondre aux questions de l’inspecteur et de justifier d’éventuelles particularités (changement de série, ouverture d’un nouvel établissement, migration d’outil, etc.).

Comment présenter ses séries de factures papier et électroniques

Pendant le contrôle, l’administration fiscale cherche surtout une traçabilité claire. Il est donc préférable de présenter vos factures par séries logiques plutôt que de tout mélanger.

Pour les factures papier, préparez des classeurs ou dossiers :

  • classés par année, puis par série de numérotation,
  • avec les factures rangées dans l’ordre croissant des numéros.

Pour les factures électroniques, il est conseillé de :

  • fournir un export au format tableur (numéro, date, client, montant, type de document),
  • expliquer comment retrouver le PDF ou l’original électronique à partir du numéro,
  • distinguer clairement les factures, les avoirs et les factures d’acompte.

L’idéal est de pouvoir montrer, pour une période donnée, une liste continue de numéros sans trou inexpliqué, puis de produire immédiatement le document correspondant à tout numéro demandé.

Adapter ses pratiques après un contrôle ou un avis de l’administration

Un contrôle fiscal est souvent l’occasion de corriger et de sécuriser sa numérotation de factures. Si l’administration formule des remarques ou un avis, il est prudent de :

  • Formaliser par écrit la règle de numérotation retenue (structure du numéro, séries utilisées, cas particuliers).
  • Adapter les paramètres du logiciel de facturation pour empêcher les modifications manuelles non tracées ou la création de doublons.
  • Mettre en place une vérification périodique de la séquence (par exemple un contrôle trimestriel des numéros pour repérer les trous ou doublons).
  • Conserver la trace des changements de série (nouvel exercice, changement de statut juridique, nouveau SIREN) dans un court mémo daté.

En cas d’erreur relevée par le contrôle, il est important de suivre précisément les recommandations de l’administration pour la régularisation, puis de montrer, lors d’un éventuel contrôle ultérieur, que les pratiques ont été corrigées et stabilisées.

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